Les prix de l’immobilier, les loyers et les charges grimpent partout en Europe. Mais tous les pays ne sont pas logés à la même enseigne. Voici ce que révèle l’évolution récente du coût du logement dans l’Union européenne et pourquoi la pression s’intensifie pour des millions de ménages.
Des prix immobiliers en forte hausse depuis 2010
Le marché résidentiel européen a connu une transformation rapide ces quinze dernières années. Entre 2010 et 2023, les prix des logements ont progressé de 48 % en moyenne dans l’Union européenne. Une dynamique presque continue, malgré quelques ralentissements ponctuels.
+48 % en moyenne dans l’UE, des pics à +200 %
Certains pays d’Europe centrale et orientale affichent des hausses spectaculaires. L’Estonie dépasse +200 %, la Hongrie frôle les +190 % et la Lituanie dépasse +150 %. Ces marchés ont été portés par la croissance, l’investissement étranger et une offre insuffisante.
À l’inverse, l’Italie et Chypre font figure d’exception, avec une légère baisse des prix sur la période. Ces écarts illustrent un marché immobilier européen très fragmenté, loin d’une évolution homogène.
2023, un léger recul après une décennie record
Après plus de dix ans de progression quasi ininterrompue, 2023 marque une pause. Les prix reculent en moyenne de 0,3 % dans l’UE. Cette correction reste toutefois marginale au regard des hausses accumulées.
Entre 2021 et 2024, la Hongrie enregistre encore +101,5 %, tandis que la France affiche une hausse beaucoup plus modérée, autour de +2,4 %. La question se pose alors : sommes-nous face à un simple ajustement ou au début d’un cycle plus durable ?
Loyers et charges, la pression s’intensifie
La hausse ne concerne pas uniquement l’achat. Les locataires subissent eux aussi une augmentation continue des loyers et des charges. Cette double pression renforce la tension sur le coût du logement dans l’Union européenne, notamment dans les grandes métropoles.
Des loyers en hausse dans la majorité des États membres
Entre 2010 et 2023, les loyers ont progressé de 22 % en moyenne dans l’UE. Là encore, les pays baltes se distinguent avec des envolées dépassant +150 %, tandis que l’Irlande approche un doublement.
Sur la période 2021-2023, la hausse moyenne atteint encore 5 %. La Hongrie et la Slovénie figurent parmi les plus dynamiques. Cette tendance réduit mécaniquement le pouvoir d’achat des ménages urbains.
Eau, gaz, électricité, des écarts spectaculaires entre pays
Les charges liées au logement pèsent également lourd. En Irlande, elles dépassent de près de deux fois la moyenne européenne. Le Luxembourg et le Danemark affichent aussi des niveaux nettement supérieurs.
- Irlande : Coûts énergétiques très élevés
- Luxembourg : Dépenses supérieures à la moyenne
- Bulgarie : Parmi les pays les plus abordables
- Pologne : Charges inférieures à la moyenne UE
Ces disparités traduisent des différences structurelles en matière d’énergie, de fiscalité et de régulation. Elles accentuent les inégalités territoriales au sein du marché résidentiel européen.
Logement, un poids croissant dans le budget des ménages
En moyenne, les Européens consacrent 19,7 % de leur revenu disponible au logement. Derrière cette moyenne se cachent des situations très contrastées, notamment dans les pays les plus fragilisés économiquement.
Jusqu’à 35 % du revenu consacré au logement
En Grèce, la part atteint 35,2 %. Le Luxembourg et le Danemark dépassent également 25 %. Pour les ménages en situation de précarité, l’effort grimpe à 38,2 % du revenu, un seuil critique.
Cette pression budgétaire limite la capacité d’épargne, freine la mobilité résidentielle et accentue les tensions sociales. Le coût du logement dans l’Union européenne devient ainsi un enjeu économique majeur.
L’UE prépare un plan pour des logements plus abordables
Face à cette crise, les institutions européennes ont placé le logement au rang de priorité politique. Un commissaire dédié a été nommé et un plan pour des logements abordables est annoncé pour 2026.
Objectif : soutenir l’offre, encourager la rénovation énergétique et réduire les inégalités d’accès. Reste à savoir si ces mesures suffiront à contenir une dynamique installée depuis plus d’une décennie.