Le marché immobilier a bien redémarré en 2025, mais la question n’est plus “est-ce reparti ?” plutôt “combien de temps ça tient”. Entre hausse des prix, taux de crédit qui stagnent autour des 3 % et incertitudes économiques, la reprise ressemble davantage à un retour fragile qu’à une vraie sortie de crise.
Le marché immobilier est-il vraiment reparti en 2025
Reprise des transactions après le creux 2023-2024
Après deux années marquées par une chute brutale des ventes, le marché immobilier a montré des signes clairs de redémarrage dès le début de l’année 2025. Les volumes de transactions ont progressé, portés par un retour progressif de la confiance et une stabilisation des conditions de financement.
Les professionnels évoquent près de 925 000 transactions attendues fin 2025, contre environ 845 000 un an plus tôt. Ce niveau reste inférieur aux standards d’avant-crise, mais il marque une rupture nette avec la paralysie observée en 2023 et 2024.
Des signaux positifs mais une demande déjà en retrait
Cette reprise s’est toutefois concentrée sur le premier semestre. Le printemps a été dynamique, avec un niveau d’activité comparable aux années 2016 à 2019. En revanche, l’été a rapidement marqué un coup d’arrêt.
Les ventes ont reculé de façon inhabituelle en juillet et août, signe que la demande reste fragile. La remontée progressive des prix et l’absence de véritable détente sur les taux ont limité la capacité d’achat de nombreux ménages.
Le marché n’est donc plus à l’arrêt, mais il fonctionne sur un équilibre précaire. La reprise observée repose davantage sur un rattrapage technique que sur un cycle de croissance solide et durable.
Pourquoi la reprise reste fragile début 2026
Hausse des prix et érosion du pouvoir d’achat immobilier
Depuis la mi-2025, les prix repartent progressivement à la hausse dans une majorité de villes françaises. Sur quelques mois, la progression dépasse 3 %, un rythme inédit depuis plusieurs années. Les maisons sont particulièrement concernées, avec des hausses plus marquées que pour les appartements.
Cette évolution profite aux vendeurs, mais elle réduit mécaniquement le pouvoir d’achat des acheteurs. En moyenne, le prix d’acquisition se situe autour de 4 000 € le mètre carré, un niveau qui exclut une partie des ménages, notamment dans les métropoles.
Taux de crédit, prudence bancaire et contexte politique
Contrairement aux attentes, les taux de crédit immobilier ne sont pas passés durablement sous la barre des 3 %. Ils se maintiennent autour de 3,2 %, ce qui pèse lourdement sur la capacité d’emprunt. Une hausse d’un point de taux équivaut à environ 10 % de budget en moins pour un acheteur.
Face à un contexte économique et politique incertain, les banques renforcent leurs critères d’octroi. Les ménages, de leur côté, adoptent une posture d’attentisme, retardant leurs projets lorsqu’ils ne sont pas contraints.
Ce climat explique pourquoi la reprise actuelle reste vulnérable. Sans amélioration nette des conditions de financement ou du pouvoir d’achat, le marché peine à s’installer sur une dynamique réellement solide.
À quoi s’attendre pour le marché immobilier en 2026
Primo-accédants et logements anciens comme moteurs
Un élément soutient néanmoins le marché : le retour des primo-accédants. En 2025, ils représentent plus de 50 % des emprunteurs, une proportion en hausse. L’élargissement du prêt à taux zéro a joué un rôle clé, notamment pour l’achat de maisons neuves et de logements anciens.
Dans l’ancien, ces acheteurs reviennent souvent par contrainte. La raréfaction de l’offre locative pousse certains ménages à acheter « ce qu’ils peuvent », même dans un contexte moins favorable. Cette demande soutient les volumes, sans pour autant créer une flambée généralisée.
Scénarios possibles pour les prix et les volumes de ventes
Pour 2026, plusieurs scénarios se dessinent. Si les taux restent stables et que la situation politique se normalise, le marché pourrait évoluer sur un plateau, avec des prix légèrement haussiers et des transactions proches de leur niveau actuel.
À l’inverse, une remontée des taux ou une dégradation économique pourrait rapidement enrayer la dynamique. Les primo-accédants, très sensibles aux conditions de crédit, seraient les premiers à se retirer.
La crise immobilière n’est donc ni totalement derrière nous, ni pleinement installée. Le marché avance sur une ligne de crête, dépendant fortement de facteurs macroéconomiques encore instables.