En 2026, l’immobilier pourrait enfin sortir la tête de l’eau, mais pas sans zones de turbulence. Entre reprise des transactions, crédit plus accessible et risques économiques, l’enjeu est simple : acheter ou vendre
Les signaux positifs du marché immobilier pour 2026
Reprise des transactions et retour du crédit
Après une année 2024 marquée par un net ralentissement, le marché immobilier a montré des signes de redémarrage en 2025. Le volume de transactions est reparti à la hausse, porté par un retour progressif des acheteurs et une amélioration sensible de l’accès au financement.
La production de crédits immobiliers s’est redressée de façon continue, retrouvant des niveaux plus cohérents avec les besoins des ménages. Ce mouvement s’explique en grande partie par la fin de la phase la plus brutale de hausse des taux et par une politique commerciale plus offensive des banques.
Dans ce contexte, les projections pour 2026 évoquent un marché capable d’atteindre entre 950 000 et 1 million de transactions, un seuil qui correspond historiquement à un fonctionnement fluide du résidentiel en France.
Stabilisation des prix et détente relative des taux
Autre élément favorable, les prix semblent avoir trouvé un point d’équilibre après plusieurs trimestres de correction. Dans de nombreuses métropoles, les baisses observées ont permis de recréer des opportunités, avant une légère reprise liée à la détente des taux.
Les taux de crédit, désormais proches de 3 %, restent sensiblement plus élevés qu’avant la crise, mais leur stabilisation redonne de la visibilité aux projets. Cette combinaison prix ajustés et crédit plus lisible alimente un regain de confiance, sans pour autant effacer les fragilités structurelles du marché.
Pourquoi l’optimisme doit rester mesuré
Effet de rattrapage après une année 2024 historiquement basse
La reprise observée en 2025 ne traduit pas uniquement un retour spontané de la confiance. Elle s’explique en partie par un effet de rattrapage après une année 2024 tombée à un niveau très bas de transactions, autour de 750 000 ventes.
Une large part des projets immobiliers avait simplement été reportée, notamment chez les ménages contraints par la hausse brutale des taux. En 2025, ces décisions différées ont été exécutées, gonflant mécaniquement les volumes sans pour autant créer une dynamique nouvelle durable.
Or, ce levier ne jouera plus en 2026. Le marché résidentiel repose avant tout sur des besoins structurels liés aux événements de vie, dont le rythme naturel plafonne autour de 900 000 opérations annuelles.
Incertitudes économiques, politiques et emploi
À cela s’ajoutent des facteurs de fragilité persistants. L’environnement économique reste instable, marqué par une hausse des défaillances d’entreprises et un marché de l’emploi moins dynamique, y compris pour les jeunes actifs, piliers de la primo-accession.
L’instabilité politique et les tensions géopolitiques pèsent également sur la confiance. S’engager sur un crédit de 20 ou 25 ans suppose une visibilité minimale, aujourd’hui brouillée par les incertitudes budgétaires et sociales.
Enfin, une légère remontée des taux, même limitée à quelques points de base, pourrait suffire à freiner une partie des projets encore fragiles.
Comment adapter sa stratégie immobilière en 2026
Acheteurs et vendeurs face au retour de la négociation
Dans ce contexte contrasté, la clé pour 2026 sera l’ajustement des stratégies. Les acquéreurs disposent à nouveau d’une marge de négociation réelle, à condition d’analyser finement les prix et de ne pas céder à la peur de rater une opportunité.
Du côté des vendeurs, le réalisme s’impose. Des prix trop ambitieux risqueraient de bloquer les transactions, alors que le marché reste sensible au pouvoir d’achat immobilier. Maintenir des valeurs cohérentes devient un levier essentiel pour préserver la fluidité.
Rôle clé du crédit, du DPE et de l’accompagnement professionnel
L’accès au crédit demeure central. Le recours aux courtiers et les partenariats bancaires permettent d’optimiser les conditions d’emprunt et de sécuriser les projets, même dans un environnement de taux encore mouvant.
Le nouveau mode de calcul du DPE, désormais plus favorable aux logements chauffés à l’électricité, pourrait soutenir certains prix. Mais il ne gomme pas la réalité des performances énergétiques : un bien mal isolé continuera de voir sa valeur pénalisée par ses coûts d’usage.
En 2026, plus que jamais, la réussite d’un projet immobilier reposera sur l’anticipation, la négociation et un accompagnement professionnel solide.