En 2026, l’isolation des murs disparaît du parcours monogeste de MaPrimeRénov. Une décision stratégique qui bouleverse les projets de rénovation énergétique. Faut-il y voir une simple contrainte budgétaire ou un virage assumé vers l’électrification des logements ?
Pourquoi l’isolation des murs est exclue de MaPrimeRénov 2026
Fin du monogeste pour les murs
Depuis la version 2026, l’isolation des murs ne peut plus être financée seule via le parcours monogeste. Que ce soit par l’intérieur ou par l’extérieur, ce type de travaux sort officiellement de la liste des gestes éligibles individuellement.
Pourtant, les murs représentent jusqu’à 20 à 25 % des pertes de chaleur dans une maison ancienne non isolée. En 2025 encore, ce poste figurait parmi les plus demandés, avec des milliers de dossiers engagés.
Les aides pouvaient atteindre 75 €/m² pour les ménages très modestes. Un soutien significatif quand le coût moyen d’une isolation extérieure oscille entre 120 et 270 €/m².
Raisons budgétaires et arbitrages politiques
Le gouvernement invoque un contexte budgétaire contraint. Les arbitrages ont favorisé les rénovations globales, jugées plus cohérentes et plus performantes à long terme.
Officiellement, l’objectif est d’orienter les ménages vers un parcours accompagné intégrant plusieurs travaux complémentaires. Dans les faits, cela réduit l’accès aux aides pour ceux qui souhaitaient avancer étape par étape.
Résultat : un geste efficace contre les ponts thermiques devient infinançable seul, sauf à entrer dans une rénovation d’ampleur plus coûteuse et plus complexe.
Isolation des murs et rénovation globale
Les limites techniques d’une isolation seule
Isoler uniquement les murs ne garantit pas une performance énergétique optimale. Sans traitement cohérent de l’ensemble du bâti, des ponts thermiques persistent au niveau des fenêtres, du toit ou des planchers.
Une mauvaise coordination peut aussi provoquer humidité et moisissures si la ventilation n’est pas adaptée. L’isolation modifie l’équilibre thermique du logement : sans vision globale, les désordres apparaissent.
En clair, un monogeste mal intégré peut générer des gains limités, voire des déséquilibres techniques. D’où la volonté des pouvoirs publics de privilégier des rénovations plus structurées.
Parcours accompagné et nouvelles conditions
Le parcours accompagné permet toujours d’intégrer l’isolation des murs, mais uniquement dans une rénovation d’ampleur combinant plusieurs travaux. L’objectif est d’améliorer significativement la classe énergétique du logement.
Ce dispositif vise en priorité les logements classés F ou G, voire E. Les aides peuvent rester élevées, mais les critères sont plus stricts et les délais d’instruction plus longs.
Vous devez désormais arbitrer entre une rénovation progressive plus simple, mais moins aidée, et une opération globale plus ambitieuse, nécessitant un budget initial nettement supérieur.
PAC, électrification et incohérences du dispositif
Pourquoi les pompes à chaleur restent subventionnées
Alors que l’isolation des murs sort du monogeste, les pompes à chaleur air-eau restent largement soutenues. Elles figurent parmi les postes les plus financés du dispositif.
Les aides peuvent atteindre 5 000 € selon les revenus. Ce maintien s’inscrit dans une stratégie claire d’électrification du chauffage, pilier central de la transition énergétique française.
L’objectif est double : réduire l’usage du gaz et soutenir la production électrique nationale. Mais cette orientation interroge sur l’équilibre entre production d’énergie et réduction des besoins.
Faut-il isoler avant d’installer une PAC
Installer une PAC dans une passoire thermique reste autorisé. Pourtant, sans isolation préalable, les gains de consommation sont moins importants et l’équipement peut être surdimensionné.
Un système trop puissant coûte plus cher à l’achat et peut perdre en rendement après des travaux d’isolation ultérieurs. Vous risquez alors un investissement mal calibré.
Avant de choisir entre isolation et chauffage, posez-vous la question essentielle : votre logement est-il prêt à accueillir un nouvel équipement ou faut-il d’abord réduire les déperditions thermiques ? Dans bien des cas, la performance durable repose sur la cohérence globale du projet, pas sur un seul levier.