Entretien et amélioration du logement : une reprise fragile confirmée

Par B.B. le 31 mars 2026 à 11:45

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Entretien et amélioration du logement : une reprise fragile confirmée

Le marché de la rénovation redémarre… mais à peine. En 2026, les chiffres repartent légèrement à la hausse, sans pour autant rassurer. Derrière ce frémissement, une réalité persiste : les travaux restent freinés, et la dynamique est loin d’être relancée.

Le marché de la rénovation a freiné en 2025

Un recul diffus mais généralisé

2025 n’a pas été une année de rupture. Plutôt une lente glissade. Selon le baromètre BOREAL, l’activité d’entretien-amélioration a reculé sur l’ensemble du territoire, sans exception notable.

Ce qui frappe, c’est l’homogénéité du phénomène. Ni les zones urbaines, ni les régions rurales n’ont été épargnées. Résultat : un marché qui ne s’effondre pas, mais qui s’érode progressivement.

La rénovation énergétique en première ligne

Le segment le plus touché reste sans surprise la rénovation énergétique. Les ménages ont reporté leurs projets, freinés par l’inflation et une visibilité brouillée sur les aides.

Le collectif encaisse le choc plus durement que l’individuel. Copropriétés bloquées, décisions longues, budgets serrés… La machine s’est grippée.

  • Inflation élevée coût des travaux en hausse
  • Aides instables manque de lisibilité pour les ménages
  • Financement compliqué accès au crédit plus strict
  • Copropriétés lentes décisions et votes retardés

2026 marque un léger rebond… trompeur

Une hausse portée par les prix

Sur le papier, le marché repart. +1 % en 2026. Mais dans le détail, la lecture change complètement. Cette progression repose surtout sur une hausse des prix estimée à +0,7 %.

Autrement dit, le volume réel de travaux progresse à peine. Vous payez plus… pour quasiment la même activité. Ce qui ressemble à une reprise est en réalité une stabilisation déguisée.

Une activité encore fragile

Le secteur du bâtiment reste sur la réserve. Fin 2025 déjà, la Fédération française du bâtiment évoquait une situation “moins dégradée”. Le mot est choisi. On sort de la zone rouge, sans accélération.

Résultat : le marché arrête de chuter, mais ne redémarre pas vraiment. Les professionnels parlent d’un plateau bas, encore loin des niveaux d’avant-crise.

Les vraies conditions d’un redémarrage durable

Trois leviers encore bloquants

Le marché ne repartira pas par magie. Trois facteurs clés continuent de peser lourd dans la décision des ménages.

D’abord, la confiance. Ensuite, la capacité à financer les travaux. Enfin, la lisibilité des aides publiques, encore jugée floue par beaucoup.

  • Confiance fragile peur d’engager des dépenses lourdes
  • Budget contraint inflation et crédit toujours tendus
  • Aides complexes dispositifs difficiles à anticiper

Pourquoi la rénovation reste stratégique

Malgré tout, la rénovation conserve un rôle central. Elle reste plus résiliente que la construction neuve, aujourd’hui en net recul. Et surtout, elle répond à un besoin concret : améliorer le confort et réduire les factures.

Ce qui change tout ? La rénovation énergétique. Sans un vrai retour de ce segment, impossible d’enclencher une reprise solide. Le marché avance, oui. Mais encore à pas comptés.