Immobilier : les passoires thermiques peuvent coûter jusqu’à 34 000 € aux investisseurs

Par M.M. le 13 mars 2026 à 11:45

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Immobilier : les passoires thermiques peuvent coûter jusqu’à 34 000 € aux investisseurs

Un simple diagnostic peut désormais coûter des dizaines de milliers d’euros. Selon plusieurs études récentes, un logement classé F ou G peut faire perdre jusqu’à 34 000 € à son propriétaire sur dix ans. Le DPE n’est plus un détail technique. C’est devenu un vrai signal financier pour les investisseurs.

Quand un mauvais DPE fait perdre de l’argent aux investisseurs

Longtemps considéré comme une formalité administrative, le diagnostic de performance énergétique change de statut. Aujourd’hui, un logement classé F ou G peut affecter directement la rentabilité d’un investissement immobilier.

L’étude menée par Maslow.immo sur 168 villes françaises montre un phénomène clair : la performance énergétique influence désormais les revenus locatifs et la valeur patrimoniale du bien. Résultat, le DPE devient un véritable indicateur financier.

Les pertes estimées sur dix ans selon les villes

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Dans certaines communes très recherchées, les pertes peuvent atteindre plusieurs dizaines de milliers d’euros sur une décennie.

  • Levallois-Perret perte estimée de 34 032 €
  • Boulogne-Billancourt manque à gagner de 32 674 €
  • Roubaix érosion jusqu’à 16,6 % du capital investi
  • Anglet équivalent de 2,66 années de loyers nets

Autrement dit, un mauvais classement énergétique ne se traduit pas seulement par des travaux futurs. Il réduit déjà la rentabilité globale de l’investissement.

Loyers gelés et rendement locatif fragilisé

Depuis la loi Climat et Résilience, les propriétaires de logements classés F ou G font face à une contrainte majeure : le gel des loyers. Impossible d’augmenter le loyer entre deux locataires ou lors d’un renouvellement de bail.

Ce blocage modifie profondément les stratégies d’investissement. Certains propriétaires préfèrent vendre rapidement, tandis que d’autres anticipent une rénovation énergétique pour restaurer le potentiel locatif du bien.

Décote immobilière des passoires thermiques sur le marché

La sanction ne s’arrête pas aux loyers. Sur le marché de la vente, les biens classés F ou G subissent aussi une décote de plus en plus visible. Ce phénomène, souvent appelé valeur verte, reflète l’écart de prix entre un logement performant et une passoire thermique.

Les acheteurs intègrent désormais le coût potentiel des travaux énergétiques. Résultat : ils négocient davantage, surtout dans les marchés urbains où l’offre est importante.

Plus de 1 000 € de décote au mètre carré à Paris

Selon l’étude La Vigie publiée par GoFlint, l’écart est particulièrement frappant dans les grandes métropoles. À Paris, le prix moyen atteint environ 11 154 € par mètre carré.

Mais pour un logement classé F ou G, le prix tombe autour de 10 081 €/m². Cela représente une décote de plus de 1 000 € par mètre carré. Sur un appartement de 60 m², la différence peut dépasser 60 000 €.

L’écart de prix entre logements performants et F-G

Dans certaines zones, l’écart devient encore plus marqué. Dans les Hauts-de-Seine, la différence atteint environ 1 382 €/m² entre un logement performant et une passoire thermique.

Même dans des marchés immobiliers premium comme les Alpes-Maritimes, la tendance est visible. Les biens classés F ou G s’échangent autour de 5 046 €/m², contre près de 5 918 € pour l’ensemble du marché.

En clair, la performance énergétique n’est plus seulement un argument écologique. Elle influence directement la valeur d’un bien immobilier.

Le DPE devient un indicateur stratégique pour investir

Ce qui change tout aujourd’hui ? Le diagnostic de performance énergétique s’impose progressivement comme un véritable outil d’arbitrage financier. Investir dans l’immobilier ne se résume plus au prix d’achat ou au potentiel locatif.

La performance énergétique influence désormais trois paramètres clés : le loyer, la valeur de revente et le coût futur des travaux. Pour beaucoup d’investisseurs, le DPE devient donc un critère décisif dès l’étude du projet.

Un nouveau rôle possible pour les diagnostiqueurs

Face à cette évolution du marché, le rôle du diagnostiqueur immobilier pourrait évoluer. Jusqu’ici, sa mission reste principalement informative et réglementaire.

Mais certains professionnels imaginent déjà un rôle plus large : aider les propriétaires à comprendre les implications économiques d’un classement énergétique et à orienter leurs décisions patrimoniales.

  • Analyse énergétique lecture technique du logement
  • Projection travaux estimation des améliorations possibles
  • Impact financier influence sur loyers et valeur
  • Aide à la décision location, vente ou rénovation

Acheter une passoire thermique reste-t-il rentable

La question reste ouverte. Dans certains cas, acheter un bien classé F ou G peut encore constituer une opportunité, notamment lorsque la décote à l’achat dépasse largement le coût des travaux de rénovation.

Mais le calcul devient plus complexe. Entre les interdictions progressives de location, les loyers gelés et les exigences réglementaires, l’investissement dans une passoire thermique demande désormais une stratégie précise et un horizon long.

À retenir : le DPE n’est plus un simple diagnostic technique. Il devient un indicateur clé de la valeur et de la rentabilité immobilière.