Un édifice du XIᵉ siècle fragilisé par l’humidité, une commune mobilisée et un soutien financier décisif : l’église Saint-Pierre de Mons à Belin-Béliet franchit une étape clé vers sa restauration grâce à une dotation majeure de la Fondation du patrimoine.
Une église du XIᵉ siècle fragilisée par le temps
Un édifice ancien marqué par l’humidité et les infiltrations
L’église Saint-Pierre de Mons porte les stigmates de près de mille ans d’existence. Les infiltrations d’eau ont progressivement fragilisé les murs, laissant apparaître des traces d’humidité persistantes à l’intérieur comme à l’extérieur de l’édifice. Le mortier, lessivé par les intempéries, ne joue plus pleinement son rôle de liant.
Dans certaines zones, l’eau pénètre jusqu’à une vingtaine de centimètres dans la maçonnerie. Ce phénomène accélère la dégradation des pierres et compromet la stabilité globale du bâtiment, pourtant classé comme un élément majeur du patrimoine local.
Des dégradations visibles sur les murs et la charpente
Les désordres sont particulièrement perceptibles depuis l’extérieur. Certaines pierres se désolidarisent presque entièrement du mur, signe d’un affaiblissement structurel avancé. À cela s’ajoute une charpente partiellement endommagée, où l’eau suit les chevrons avant de s’infiltrer dans les têtes de mur.
Ce double phénomène, par le bas et par le haut, crée un effet de sape continu. Sans intervention, le risque est une aggravation rapide des dégâts, avec des coûts de restauration bien plus élevés à terme. D’où l’importance d’agir dès maintenant.
Pour la commune, préserver cette église, c’est aussi conserver un repère historique et identitaire. Comme le soulignent les habitants, le patrimoine fait partie intégrante de la mémoire collective et mérite une attention constante.
Une dotation de 38 000 € pour sauver le patrimoine local
Le rôle clé de la Fondation du patrimoine
La dotation de 38 000 euros accordée à l’église Saint-Pierre de Mons marque une reconnaissance importante de la valeur patrimoniale du site. La Fondation du patrimoine soutient en priorité les édifices menacés, lorsque les communes ne disposent pas seules des moyens nécessaires pour engager des projets complexes.
Dans ce cas précis, l’aide vise à enclencher une dynamique vertueuse. Elle permet de sécuriser la phase amont du projet, souvent la plus difficile à financer, mais indispensable pour éviter des interventions inadaptées sur un bâtiment ancien.
Une aide destinée aux études préalables aux travaux
Cette enveloppe financière n’est pas destinée aux travaux immédiats, mais aux études de faisabilité et d’ingénierie. Ces analyses techniques permettront d’identifier précisément l’origine des désordres, d’évaluer l’état réel des structures et de définir les solutions de restauration les plus adaptées.
La commune bénéficie également d’un soutien complémentaire de la DRAC, renforçant la crédibilité du dossier. Une fois les études finalisées, elles serviront de base pour solliciter d’autres financeurs institutionnels.
Selon la municipalité, cette première étape couvre environ 80 % des coûts liés aux études. Elle offre ainsi une visibilité précieuse pour la suite du projet et constitue un signal positif pour mobiliser de nouveaux partenaires autour de la sauvegarde de l’édifice.
Quelles sont les prochaines étapes pour la commune
Études techniques et financements complémentaires attendus
Les études techniques prévues tout au long de l’année 2026 constituent une phase déterminante. Elles permettront d’établir un diagnostic précis de l’église et de hiérarchiser les interventions à mener en priorité, notamment sur les zones les plus fragilisées par l’eau.
Une fois ces éléments consolidés, la commune pourra engager de nouvelles démarches auprès des financeurs publics. La Région est notamment attendue pour compléter le plan de financement, aux côtés des aides déjà obtenues.
Des travaux estimés à 350 000 € à moyen terme
À ce stade, le coût global des travaux est estimé à environ 350 000 euros. Un montant conséquent pour une commune de taille modeste, qui rend indispensable la multiplication des sources de financement.
La municipalité envisage également de déposer un dossier dans le cadre du Loto du patrimoine, une fois les études achevées. Ce dispositif pourrait apporter un soutien supplémentaire et accélérer le lancement du chantier.
Au-delà de l’aspect financier, ces prochaines étapes traduisent une volonté claire : agir avant que les dégradations ne deviennent irréversibles, afin de transmettre ce patrimoine religieux et historique aux générations futures.