Une escroquerie massive liée à la rénovation énergétique arrive cette semaine devant le tribunal judiciaire de Rennes, avec des centaines de familles qui découvrent parfois tardivement des crédits contractés à leur nom. Derrière le discours d’économies promises, un système organisé aurait fait basculer des victimes dans le surendettement, avec des vies durablement abîmées.
Une escroquerie à la rénovation énergétique jugée à Rennes
Un réseau organisé actif dans plusieurs régions
L’affaire examinée par le tribunal judiciaire de Rennes concerne des faits commis entre 2014 et 2018. Le réseau opérait principalement dans le Grand-Ouest, mais aussi en Provence-Alpes-Côte-d’Azur et en Auvergne-Rhône-Alpes.
Les prévenus se présentaient comme des professionnels de la rénovation énergétique, capables d’optimiser les équipements et de réduire les mensualités des ménages. Leur discours, rodé et rassurant, inspirait confiance.
Une mécanique bien rodée pour piéger les particuliers
Les victimes étaient démarchées à domicile, souvent autour de projets concrets comme l’installation de panneaux solaires ou le remplacement d’un ballon d’eau chaude. Les escrocs proposaient alors une réorganisation complète des crédits existants.
Dans les faits, plusieurs prêts à la consommation étaient souscrits sans consentement réel. Les dossiers contenaient de fausses coordonnées, empêchant toute vérification par les organismes de crédit.
Cette organisation structurée a permis de détourner des sommes importantes, tout en maintenant l’illusion d’une opération légitime et avantageuse pour les particuliers ciblés.
Des centaines de familles piégées par des crédits frauduleux
Des prêts souscrits à l’insu des victimes
De nombreuses familles ont découvert, parfois plusieurs mois plus tard, l’existence de crédits qu’elles n’avaient jamais sollicités. Les signatures étaient imitées et les documents montés de toutes pièces.
Les montants engagés pouvaient atteindre plusieurs dizaines de milliers d’euros, pour des équipements largement surévalués. Certains prêts concernaient même des biens jamais livrés.
Cette escroquerie rénovation énergétique reposait sur une parfaite maîtrise des procédures bancaires, exploitée pour contourner les contrôles classiques.
Surendettement, fichage Banque de France et drames humains
Les conséquences ont été lourdes pour les victimes. Beaucoup se sont retrouvées en situation de surendettement, avec des mensualités impossibles à honorer sur le long terme.
Fichage à la Banque de France, procédures judiciaires, aides alimentaires : certaines familles ont vu leur quotidien basculer durablement, parfois au bord de la perte de leur logement.
Selon les avocats, les intérêts de retard et pénalités ont aggravé la situation, alors même que les victimes ignoraient l’existence des prêts pendant plusieurs mois.
Un procès hors norme et des zones d’ombre persistantes
Onze prévenus face à la justice
Le procès réunit onze prévenus poursuivis pour escroquerie en bande organisée et blanchiment d’argent. Les débats portent sur des flux financiers complexes, transitant par plusieurs sociétés écrans.
Des sommes très élevées ont circulé sur les comptes personnels de certains complices, parfois sans que ceux-ci ne mesurent pleinement l’ampleur du système auquel ils participaient.
Les peines encourues vont jusqu’à dix ans de prison, à la hauteur d’un dossier considéré comme particulièrement structuré et durable.
L’organisateur présumé absent du procès
Malgré l’ampleur de l’affaire, l’organisateur présumé du réseau n’est pas jugé. Une défaillance de procédure a empêché sa comparution dans les délais légaux.
Cette absence laisse de nombreuses questions sans réponse pour les victimes, qui espéraient comprendre l’origine exacte du montage frauduleux.
Dix ans après les faits, ce procès marque une étape judiciaire importante, mais il ne suffira pas à réparer l’ensemble des préjudices subis par les familles concernées.