Après une année 2025 marquée par des faillites immobilières record, agences et constructeurs montrent enfin des signes de répit. Ce recul inédit marque-t-il le début d’une reprise durable ou une simple pause avant de nouvelles tensions en 2026 ?
Faillites immobilières en 2025 : un recul inédit après une année noire
Des chiffres encore élevés malgré une baisse nette
L’année 2025 restera comme un point culminant de la crise immobilière, avec plus de 1 000 défaillances enregistrées chez les agences et les constructeurs de maisons individuelles. Liquidations et redressements judiciaires ont touché un secteur déjà fragilisé par deux années de ralentissement brutal.
Pourtant, un signal positif émerge : les faillites d’agences immobilières reculent d’environ 19 % par rapport à 2024, tandis que celles des constructeurs diminuent d’environ 6 %. Un retournement notable après quatre années consécutives de hausse.
Malgré cette amélioration, le niveau reste historiquement élevé. Le marché ne retrouve pas encore un fonctionnement normal et demeure sous tension, en particulier dans les zones où l’activité transactionnelle reste faible.
Agences et constructeurs : deux dynamiques différentes
La baisse des faillites bénéficie surtout aux structures les mieux armées financièrement. Les agences de taille intermédiaire et les grands groupes ont pu absorber la chute des volumes et reconstituer de la trésorerie.
À l’inverse, les petites structures sont les plus exposées. Les entreprises de moins de trois salariés représentent encore 72 % des faillites d’agences et 83 % chez les constructeurs. Un déséquilibre qui illustre la fragilité persistante d’une partie du tissu immobilier français.
Pourquoi le marché immobilier respire enfin
Détente du crédit et fin de l’effet post-Covid
Le principal facteur de soulagement du secteur immobilier reste l’accalmie progressive sur le front du crédit. Après l’explosion des taux entre 2022 et 2024, la stabilisation observée en 2025 a redonné de l’oxygène aux professionnels.
Les agences ont également bénéficié de la fin du remboursement des prêts garantis par l’État contractés pendant la crise sanitaire. Cette charge financière en moins a permis de réallouer de la trésorerie à l’exploitation courante plutôt qu’au service de la dette.
Ce retournement a contribué à inverser l’effet ciseau qui pesait sur les comptes : la baisse des revenus combinée à la hausse des coûts commence à se résorber, améliorant l’équilibre financier de nombreuses entreprises.
Les acteurs les plus solides ont tenu le choc
Les groupes disposant d’une taille critique ou d’activités diversifiées ont mieux résisté à la crise. Certains constructeurs et promoteurs ont su compenser la chute des ventes par une adaptation rapide de leur offre ou par des opérations de croissance externe.
Plusieurs acteurs majeurs affichent même un redressement spectaculaire de leurs prises de commandes en 2025, avec des perspectives de chiffre d’affaires en nette progression pour 2026. Un contraste marqué avec les structures plus opportunistes, entrées tardivement sur le marché et insuffisamment capitalisées.
2026 : vraie reprise ou simple accalmie
Les risques économiques toujours présents
Malgré l’amélioration constatée en 2025, les incertitudes restent nombreuses pour l’année 2026. Le contexte macroéconomique français demeure fragile, avec une croissance atone et des tensions persistantes sur les finances publiques.
La confiance des ménages constitue l’un des principaux points de vigilance. Rien ne garantit que les particuliers retrouveront rapidement l’envie d’acheter un logement, même dans un environnement de crédit plus stable.
Les professionnels restent donc prudents. Une dégradation de la conjoncture ou un choc économique pourrait rapidement remettre sous pression les entreprises les plus exposées.
Taux, prix et confiance des ménages sous surveillance
L’évolution des taux d’intérêt sera déterminante. Une remontée plus marquée que prévu ferait peser un risque immédiat sur la demande, alors que le marché reste extrêmement sensible aux conditions de financement.
Du côté des prix, une hausse modérée de l’ordre de 1 à 2 % est envisagée en 2026. Si cette progression reste contenue, elle pourrait soutenir la reprise. En revanche, une accélération plus forte pèserait sur l’accessibilité et raviverait les tensions sur l’ensemble du marché immobilier.