En 2026, les tarifs des mutuelles santé repartent à la hausse après plusieurs années déjà marquées par de fortes augmentations. Taxes supplémentaires, transferts de charges et explosion des dépenses de santé expliquent pourquoi la facture continue de s’alourdir pour des millions d’assurés.
Hausse des mutuelles santé en 2026 ce que disent les chiffres
Des augmentations moyennes autour de 4,5 %
Pour 2026, la Fédération de la Mutualité française anticipe une nouvelle hausse significative des cotisations. Les contrats collectifs devraient augmenter en moyenne de 4,7 %, tandis que les formules individuelles progresseraient d’environ 4,3 %. Ces chiffres confirment une tendance lourde installée depuis plusieurs années, avec une accélération nette depuis 2020.
Sur longue période, la rupture est claire. Entre 2013 et 2020, les mutuelles augmentaient d’environ 1,8 % par an. Depuis, la moyenne annuelle dépasse 4 %, ce qui représente plus de 22 % de hausse cumulée en cinq ans. Pour les assurés, l’impact sur le budget santé devient de plus en plus visible, en particulier pour les ménages modestes et les retraités.
Comparaison avec les hausses records de 2024 et 2025
Si 2026 reste marquée par une augmentation notable, elle apparaît légèrement plus modérée que les deux années précédentes. En 2024, les tarifs avaient bondi de plus de 8 % en moyenne, portés par une explosion des dépenses médicales et des réformes structurelles coûteuses.
En 2025, la hausse avoisinait encore 6 %, avec un écart marqué entre contrats individuels et contrats collectifs obligatoires. L’année 2026 s’inscrit donc dans une phase de ralentissement relatif, sans pour autant marquer un retour à la stabilité tarifaire.
Pourquoi les mutuelles augmentent encore leurs tarifs
Vieillissement de la population et maladies chroniques
Le premier moteur de la hausse des cotisations reste l’évolution démographique. Le vieillissement de la population entraîne une augmentation mécanique des dépenses de santé, avec une consommation de soins plus fréquente et plus coûteuse. Les maladies chroniques, comme le diabète ou les pathologies cardiovasculaires, pèsent durablement sur les comptes des complémentaires.
À cela s’ajoute une prise en charge plus longue des patients, nécessitant des traitements réguliers, des suivis médicaux renforcés et parfois des hospitalisations répétées. Pour les mutuelles, ces dépenses récurrentes se traduisent par un besoin constant d’ajuster les cotisations afin de maintenir l’équilibre financier.
Coût des innovations médicales et revalorisation des soins
Les progrès médicaux améliorent la qualité des soins, mais ils ont un coût. Les nouvelles technologies, les traitements innovants et les équipements de pointe sont souvent plus chers que les solutions traditionnelles. Les mutuelles doivent assumer une part croissante de ces dépenses, en complément de l’Assurance maladie.
Par ailleurs, la revalorisation des actes médicaux contribue également à la hausse. La consultation chez le médecin généraliste est désormais facturée 30 euros, et certains spécialistes ont vu leurs tarifs augmenter. Ces ajustements, nécessaires pour garantir l’attractivité du système de soins, se répercutent directement sur les contrats de complémentaire santé.
Taxes et transferts de charges un impact direct sur les assurés
Nouvelles taxes prévues dans le PLFSS 2026
Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 prévoit de nouveaux transferts de charges vers les complémentaires santé. Les mutuelles devront absorber environ 400 millions d’euros sur le champ hospitalier et 600 millions d’euros liés aux indemnités journalières. À cela s’ajoute une nouvelle taxe d’un milliard d’euros, souvent décrite comme une véritable TVA sur la santé.
Ces montants ne peuvent être absorbés sans conséquence. Les organismes complémentaires expliquent que ces charges supplémentaires sont mécaniquement répercutées sur les cotisations, faute de marges suffisantes. Pour les assurés, cela se traduit par des hausses de tarifs difficiles à éviter, quel que soit le niveau de garanties souscrit.
La France une exception fiscale en Europe
La quasi-totalité des contrats de complémentaire santé sont dits responsables et bénéficient d’un cadre réglementé. Pourtant, leur fiscalité continue de s’alourdir. Le taux de taxation, aujourd’hui fixé à 13,27 %, devrait grimper à 16 % avec les mesures envisagées pour 2026.
Cette situation fait de la France une exception en Europe, où les complémentaires santé sont généralement moins taxées. Les mutuelles dénoncent un système qui transfère progressivement les dépenses de la Sécurité sociale vers les assurés, sans débat clair sur le financement global de la santé.