DPE E et loyers : ce que la loi autorise (encore) aux propriétaires en 2025

Par Cyril KUHM le 07 janvier 2026 à 11:45

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DPE E et loyers : ce que la loi autorise (encore) aux propriétaires en 2025

Un logement classé DPE E n’est pas encore bloqué sur les hausses de loyer en 2025, contrairement aux F et G. Mais la trajectoire est claire avec l’échéance 2034 et la notion de décence énergétique. Si vous louez un bien noté E, mieux vaut comprendre les règles actuelles et anticiper les travaux qui sécurisent votre rentabilité.

Gel des loyers et DPE ce que dit la loi en 2025

Une mesure issue de la loi Climat et Résilience

Le gel des loyers s’inscrit dans la loi Climat et Résilience adoptée en août 2021. Son objectif est clair : accélérer la rénovation du parc immobilier français en ciblant les logements les plus énergivores. Depuis le 24 août 2022, cette mesure s’applique aux biens considérés comme des passoires énergétiques.

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Sont concernés les logements classés F et G au diagnostic de performance énergétique. Pour ces biens, toute augmentation de loyer est interdite tant que des travaux n’ont pas permis d’améliorer la note du DPE.

Gel des loyers et interdiction de louer deux dispositifs distincts

Il est important de distinguer le gel des loyers de l’interdiction de mise en location. Le gel empêche toute revalorisation : pas d’indexation via l’IRL, pas de hausse à la relocation ni au renouvellement du bail. En revanche, le logement reste légalement louable.

L’interdiction de location va plus loin. Depuis le 1er janvier 2025, les logements classés G sont exclus du marché locatif. Les logements F suivront en 2028, puis les logements classés E à partir de 2034.

En 2025, seuls les biens F et G sont donc bloqués sur les loyers. Les logements notés E échappent encore à cette contrainte, mais ils sont déjà intégrés dans le calendrier réglementaire, ce qui impose aux propriétaires une vision à moyen terme.

Logement classé DPE E êtes-vous concerné aujourd’hui

Pourquoi les logements notés E ne sont pas encore bloqués

En 2025, un logement classé DPE E ne fait pas partie des biens soumis au gel des loyers. Le propriétaire peut donc, en principe, augmenter le loyer en respectant les règles habituelles : indexation sur l’IRL, relocation ou renouvellement du bail selon le cadre légal en vigueur.

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Cette situation s’explique par la logique progressive retenue par le législateur. Les premières mesures ont ciblé les logements les plus énergivores, responsables d’une part importante des émissions et des dépenses énergétiques. Le DPE E reste considéré comme insuffisant, mais pas encore incompatible avec les exigences minimales de décence.

Une trajectoire réglementaire déjà clairement définie

Si aucune interdiction n’est appliquée aujourd’hui, la trajectoire est connue. À partir de 2034, les logements classés E seront considérés comme non décents et donc interdits à la location. Cette échéance crée un risque réel de perte de valeur locative pour les propriétaires qui n’anticipent pas.

Avant même cette date, de nouvelles restrictions peuvent apparaître. Un élargissement du gel des loyers aux logements E reste une hypothèse crédible, notamment dans un contexte de pression politique et environnementale croissante.

Autrement dit, continuer à louer un bien noté E sans plan de rénovation expose à une double contrainte : une rentabilité figée à court terme et une impossibilité de louer à moyen terme. Anticiper l’amélioration du DPE permet de sécuriser les revenus et de préserver l’attractivité du bien sur le marché locatif.

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Comment éviter toute restriction sur votre loyer

Les travaux prioritaires pour sortir du DPE E

Pour sécuriser la mise en location et conserver une liberté sur l’évolution du loyer, la solution la plus efficace reste la rénovation énergétique. L’objectif est clair : améliorer la performance globale du logement afin de dépasser le seuil du DPE E.

Avant d’engager des travaux, il est recommandé de réaliser un audit énergétique. Plus précis qu’un simple DPE, il identifie les postes les plus énergivores et propose plusieurs scénarios de rénovation adaptés au budget et au potentiel du bien.

Dans la majorité des cas, les actions prioritaires concernent l’isolation thermique, le remplacement des menuiseries anciennes, la modernisation du système de chauffage et l’amélioration de la ventilation. Ces interventions permettent souvent de gagner une à deux classes énergétiques.

Les aides financières pour réduire le coût des travaux

La rénovation d’un logement classé E peut bénéficier de nombreux dispositifs d’accompagnement. Selon votre situation, vous pouvez mobiliser des aides comme MaPrimeRénov’, les certificats d’économies d’énergie ou le mécanisme du déficit foncier pour les biens loués.

Ces leviers permettent de réduire significativement le reste à charge et d’améliorer la rentabilité globale de l’opération. Une fois les travaux réalisés, un nouveau DPE vient officialiser le changement de classe énergétique et sécurise le bailleur face aux futures restrictions.

Engager une rénovation dès maintenant, c’est éviter un gel des loyers à venir, préserver la valeur patrimoniale du logement et louer plus sereinement dans un cadre réglementaire de plus en plus exigeant.