Nouveau calcul du DPE en 2026 : votre logement est-il toujours classé passoire thermique ?

Par Cyril KUHM le 16 février 2026 à 11:45

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Nouveau calcul du DPE en 2026 : votre logement est-il toujours classé passoire thermique ?

Le DPE change au 1er janvier 2026 et, pour beaucoup de logements chauffés à l’électricité, la note peut s’améliorer sans travaux. Résultat : certains biens quittent mécaniquement les classes F ou G, avec un impact direct sur la location, la vente et la décote. Reste une question simple : votre logement est-il encore une passoire thermique en 2026 ?

Pourquoi le DPE change en 2026

Un mode de calcul devenu incohérent

Depuis plusieurs années, le diagnostic de performance énergétique reposait sur un calcul pénalisant pour les logements chauffés à l’électricité. Le coefficient de conversion retenu supposait une production très énergivore, sans refléter la réalité du mix électrique français.

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Résultat : à caractéristiques équivalentes, un logement électrique pouvait être classé plus mal qu’un bien chauffé au gaz ou au fioul, pourtant plus émetteurs de CO₂. Cette distorsion a fortement contribué à classer certains biens en passoire thermique de manière discutable.

Dans un contexte de durcissement réglementaire, cette situation est devenue problématique pour de nombreux propriétaires, notamment bailleurs, confrontés à des interdictions de mise en location.

Une correction liée à la transition énergétique

Le changement opéré en 2026 vise à aligner le DPE avec la réalité énergétique française. L’électricité produite en France est aujourd’hui décarbonée à près de 95 %, grâce au nucléaire et aux énergies renouvelables.

En ajustant le coefficient de conversion, les pouvoirs publics corrigent une anomalie structurelle du DPE et envoient un signal clair en faveur de l’électrification des logements.

Cette évolution s’inscrit dans une stratégie plus large de sortie des énergies fossiles et de rééquilibrage du marché immobilier, sans remettre en cause les objectifs de performance énergétique à long terme.

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Ce que change concrètement le nouveau mode de calcul

Le passage du coefficient de 2,3 à 1,9

Le cœur de la réforme repose sur un ajustement technique mais déterminant. Le coefficient de conversion de l’électricité passe de 2,3 à 1,9, ce qui signifie que chaque kilowattheure consommé est désormais considéré comme moins énergivore en énergie primaire.

Concrètement, la consommation théorique retenue dans le DPE diminue automatiquement pour les logements chauffés à l’électricité, sans modification de l’isolation, des équipements ou des usages.

Ce recalcul n’entraîne aucune dégradation de note : l’étiquette énergétique peut uniquement s’améliorer ou rester stable, ce qui sécurise les propriétaires concernés.

Les logements les plus concernés par la revalorisation

Les principaux bénéficiaires sont les appartements et maisons chauffés à l’électricité, notamment ceux équipés de convecteurs, de radiateurs récents ou de pompes à chaleur.

Les biens situés à la limite entre deux classes énergétiques, en particulier entre F et E ou entre G et F, sont les plus susceptibles de changer d’étiquette.

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À l’inverse, les logements chauffés au gaz ou au fioul ne sont pas impactés par cette réforme, leur mode de calcul restant inchangé.

Passoire thermique en 2026 : qui sort des classes F et G

Conséquences pour les propriétaires occupants

Pour les propriétaires de leur résidence principale, le nouveau DPE peut représenter un véritable soulagement. Un logement reclassé en E ou D échappe aux contraintes les plus lourdes associées aux passoires thermiques.

Cette amélioration de l’étiquette énergétique permet de préserver la valeur du bien et d’éviter une décote pouvant atteindre 15 % lors d’une revente. Elle simplifie également l’accès au crédit, certains établissements intégrant désormais le DPE dans leurs critères d’analyse.

Dans certains cas, le reclassement rend aussi inutiles des travaux initialement envisagés uniquement pour des raisons réglementaires.

Effets sur la location et le marché immobilier

Côté locatif, la sortie des classes F et G permet à de nombreux bailleurs de maintenir ou de remettre leur logement sur le marché, sans enfreindre le calendrier d’interdiction progressive.

Environ 850 000 logements devraient ainsi quitter le statut de passoire énergétique, contribuant à détendre un marché locatif sous forte pression depuis plusieurs années.

Ce rééquilibrage ne remet toutefois pas en cause les objectifs de rénovation énergétique à long terme, mais offre une transition plus réaliste pour les propriétaires.