DPE 2026 3,5 millions de passoires thermiques : voici leurs caractéristiques en France

Par B.B. le 19 mars 2026 à 11:45

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DPE 2026 3,5 millions de passoires thermiques : voici leurs caractéristiques en France

3,5 millions de logements en France consomment encore énormément d’énergie. Pourtant, depuis la réforme du DPE début 2026, 700 000 habitations sont sorties du statut de passoire thermique… sans travaux. Alors à quoi ressemble vraiment une passoire énergétique aujourd’hui ? Le portrait-robot est plus surprenant qu’on l’imagine.

Passoires thermiques en 2026 quels logements sont concernés

Combien de passoires thermiques en France aujourd’hui

En 2026, la France compte environ 3,5 millions de passoires thermiques. Cela représente près de 9 % du parc immobilier. Ces logements sont identifiés par un diagnostic de performance énergétique classé F ou G.

Dans le détail, les deux tiers appartiennent à la catégorie F, tandis qu’un tiers seulement est classé G. Les maisons individuelles sont particulièrement touchées. Leur taux grimpe à environ 14 %, soit nettement plus que la moyenne nationale.

Le point commun de ces logements reste évident : une consommation énergétique élevée. Résultat, les occupants subissent souvent trois conséquences directes.

  • Factures élevées dépenses de chauffage importantes
  • Confort dégradé sensation de froid en hiver
  • Émissions élevées impact carbone plus important

Autrement dit, ces logements coûtent cher à chauffer et restent difficiles à rendre confortables sans rénovation.

Pourquoi certains logements sont sortis du classement F et G

Le paysage a pourtant changé au 1er janvier 2026. Le calcul du DPE a été modifié pour mieux tenir compte des logements chauffés à l’électricité.

Conséquence directe : environ 700 000 logements ont quitté automatiquement la catégorie des passoires thermiques. Certains biens classés F ou G ont été reclassés en E, parfois même en D.

Ce changement vise surtout à cibler les logements utilisant des énergies fossiles, comme le fioul ou le gaz, qui pèsent davantage sur les émissions de CO₂.

Mais attention : ce reclassement administratif ne transforme pas la réalité du logement. Isolation, confort thermique et facture énergétique restent identiques. Sans travaux, le problème énergétique demeure.

Le portrait robot des logements énergivores aujourd’hui

Les caractéristiques techniques les plus fréquentes

Quand on observe les passoires thermiques de près, un facteur ressort presque systématiquement : l’isolation. Dans 92 % des cas, elle est jugée insuffisante lors du diagnostic énergétique.

Murs mal isolés, combles anciens ou fenêtres peu performantes. L’air chaud s’échappe, l’humidité s’installe et le logement devient difficile à chauffer correctement.

Autre élément souvent pointé par les diagnostiqueurs : le confort d’été. Près de 59 % des logements classés F ou G souffrent aussi d’une mauvaise gestion de la chaleur pendant les périodes de fortes températures.

  • Isolation dégradée combles ou murs peu performants
  • Fenêtres anciennes pertes thermiques importantes
  • Ventilation limitée humidité et air peu renouvelé
  • Confort d’été faible logements sensibles aux fortes chaleurs

Résultat : un logement qui reste froid en hiver, mais qui peut aussi devenir étouffant dès que les températures montent.

Les modes de chauffage les plus pénalisants

Le type de chauffage joue également un rôle déterminant dans la note du DPE. Les équipements anciens ou très émetteurs de CO₂ sont particulièrement pénalisés dans le calcul.

Le cas le plus frappant concerne le chauffage au fioul. En France, environ 40 % des logements chauffés au fioul se retrouvent classés F ou G.

Ce type d’installation cumule plusieurs défauts : rendement souvent faible, équipements vieillissants et émissions importantes de gaz à effet de serre.

À l’inverse, les logements équipés de systèmes plus récents ou électriques ont parfois bénéficié de la réforme du DPE de 2026, qui a légèrement rééquilibré l’évaluation énergétique.

Où se trouvent les passoires thermiques en France

Les régions les plus touchées

Contrairement à certaines idées reçues, les passoires thermiques ne sont pas réparties uniformément sur le territoire. Certaines régions concentrent davantage de logements énergivores.

L’Île-de-France arrive en tête. Elle regroupe environ 27 % des passoires thermiques alors que la région ne représente qu’environ 22 % du parc immobilier français.

Plusieurs raisons expliquent cette concentration.

  • Parc ancien nombreux immeubles construits avant 1975
  • Contraintes urbaines rénovations souvent complexes
  • Coût des travaux interventions plus chères en ville
  • Forte part locative travaux parfois retardés

Derrière la région francilienne, les régions Auvergne-Rhône-Alpes et Hauts-de-France affichent également une proportion de passoires thermiques supérieure à leur poids dans le parc de logements.

Qui habite dans ces logements énergivores

La question sociale est centrale. Les ménages modestes sont particulièrement exposés. Ils ont environ deux fois plus de risques de vivre dans une passoire thermique que la moyenne des Français.

Le problème est simple. Revenus plus faibles et logements moins performants se cumulent. Les dépenses énergétiques pèsent alors lourdement dans le budget des foyers concernés.

Mais la situation touche en réalité toutes les catégories sociales. Dans chaque niveau de revenu, au moins 12 % des Français occupent encore un logement classé F ou G.

Autre surprise, les logements sociaux sont globalement mieux classés que ceux du parc privé. On y trouve proportionnellement presque deux fois moins de passoires thermiques.

À retenir : la réforme du DPE a changé la photo statistique, pas la réalité thermique des logements. Pour des millions de propriétaires et d’occupants, l’isolation et le chauffage restent les vrais leviers.