La réforme du DPE entrée en vigueur en 2026 ne se limite pas à un simple ajustement technique. En modifiant le mode de calcul, elle pourrait revaloriser des centaines de milliers de logements et provoquer une hausse discrète mais réelle des prix de l’immobilier, sans travaux ni annonce spectaculaire.
Réforme du DPE 2026 ce qui change concrètement
Le nouveau mode de calcul du DPE
Depuis le 1er janvier 2026, le diagnostic de performance énergétique repose sur un mode de calcul révisé. Cette évolution s’inscrit dans la continuité des ajustements engagés depuis 2021, après de nombreuses critiques sur la fiabilité du DPE, notamment pour les petites surfaces.
La réforme vise à mieux refléter la consommation réelle des logements et à corriger certains biais pénalisant artificiellement des biens pourtant habitables et chauffés principalement à l’électricité.
Ce changement méthodologique a un effet direct sur le classement énergétique, sans modification physique du logement ni travaux supplémentaires.
Le rôle clé du coefficient de l’électricité
L’évolution majeure concerne le coefficient de conversion de l’électricité, qui passe de 2,3 à 1,9. Les autres sources d’énergie conservent un coefficient de 1, ce qui réduit mécaniquement le poids de l’électricité dans le calcul final.
Concrètement, les logements chauffés à l’électricité voient leur consommation énergétique théorique diminuer, améliorant leur note DPE sans intervention technique.
Ce paramètre explique à lui seul la reclassification attendue de près de 850 000 logements, principalement situés en zones urbaines, où le chauffage électrique est largement répandu.
Reclassification massive des logements
Combien de logements sortent des classes F et G
Avec la nouvelle méthode de calcul, près de 850 000 logements devraient quitter les classes F et G, souvent qualifiées de passoires énergétiques. Cette reclassification concerne majoritairement des appartements de petite et moyenne surface.
Ces biens, jusqu’ici pénalisés par leur note énergétique, retrouvent un classement plus favorable sans modification de leur bâti ni de leurs équipements.
Cette évolution modifie instantanément leur statut réglementaire, notamment sur le marché locatif, où les contraintes liées aux interdictions de location étaient devenues un frein majeur.
Fin partielle des passoires énergétiques
La sortie des classes F et G ne signifie pas une amélioration réelle de la performance énergétique, mais un changement de lecture réglementaire du logement.
Pour les propriétaires, cette reclassification représente un soulagement immédiat : le bien redevient louable, vendable et plus attractif aux yeux des acquéreurs.
À l’échelle nationale, cette correction contribue à assainir statistiquement le parc immobilier, tout en repoussant, pour certains logements, la nécessité d’engager des travaux lourds de rénovation.
Quel impact sur les prix de l’immobilier
Écarts de prix selon le DPE
Avant la réforme, la performance énergétique avait déjà un effet mesurable sur les prix. En 2024, un appartement classé G se vendait en moyenne 17 % moins cher qu’un bien équivalent classé D, et l’écart atteignait 25 % pour les maisons.
Ces décotes reflétaient à la fois les contraintes réglementaires et l’anticipation de travaux coûteux par les acheteurs.
La reclassification modifie cet équilibre en réduisant mécaniquement la pénalité associée aux anciens logements F et G.
Hausse silencieuse des ventes et des loyers
En sortant du statut de passoire énergétique, de nombreux biens retrouvent une attractivité immédiate. Cette évolution peut entraîner une hausse progressive des prix de vente et des loyers, sans tension visible ni annonce brutale.
Les investisseurs intègrent déjà cette donnée dans leurs stratégies, en ciblant des logements reclassés à fort potentiel de valorisation.
Cette dynamique pourrait renforcer les écarts existants sur certains marchés tendus, au détriment des locataires et des primo-accédants.