Le simulateur Mon estimation retraite vient d’être mis à jour pour intégrer la suspension de la réforme des retraites actée dans la LFSS 2026. Objectif : clarifier enfin une question simple en apparence, mais explosive en pratique : quand pourrez-vous partir et avec combien, selon votre génération et votre carrière.
Suspension de la réforme des retraites et nouvelles règles en 2026
Ce que prévoit la suspension de la réforme Borne
La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 a acté une suspension temporaire de la réforme des retraites de 2023. Concrètement, le relèvement progressif de l’âge légal et de la durée de cotisation est gelé à compter du 1er septembre 2026.
L’âge légal minimum de départ est ainsi figé à 62 ans et 9 mois, tandis que la durée d’assurance requise pour le taux plein est arrêtée à 170 trimestres. Ces règles resteront en vigueur jusqu’au 1er janvier 2028.
À cette date, le calendrier initial de la réforme Borne reprendra son cours, avec une nouvelle hausse progressive de l’âge légal et du nombre de trimestres exigés.
Quelles générations sont réellement concernées
La suspension concerne principalement les assurés nés entre le 1er janvier 1964 et le 31 mars 1965. Pour ces générations, les conditions de départ sont sécurisées malgré l’instabilité législative récente.
Sans cette mesure, ces assurés auraient dû partir jusqu’à six mois plus tard et valider deux trimestres supplémentaires. En pratique, cela représente un gain significatif pour une population déjà proche de la liquidation.
À l’échelle nationale, l’impact reste toutefois limité : moins d’un départ à la retraite sur dix en 2026 serait directement concerné par la suspension.
Le simulateur Mon estimation retraite enfin mis à jour
Ce que le simulateur calcule désormais
Quelques semaines après la promulgation de la LFSS 2026, le simulateur officiel Mon estimation retraite a été actualisé par le groupement Union retraite. Il intègre désormais les règles issues de la suspension de la réforme.
L’outil permet d’estimer, pour chaque âge de départ possible, le nombre de trimestres requis ainsi qu’un montant mensuel indicatif de pension, en tenant compte des nouvelles bornes d’âge et de durée d’assurance.
Cette mise à jour concerne aussi bien les simulations réalisées avec un compte personnel que celles effectuées en mode non connecté.
Les changements intégrés pour les parents et carrières spécifiques
Au-delà du gel de l’âge légal, le simulateur prend désormais en compte des ajustements plus ciblés. C’est notamment le cas du calcul du revenu annuel moyen pour certaines mères de famille.
Selon la situation, les 23 ou 24 meilleures années sont désormais retenues pour le calcul de la retraite de base, une mesure applicable à partir du 1er septembre 2026.
D’autres évolutions sont déjà prévues, comme l’intégration de nouveaux trimestres liés aux enfants ou aux carrières longues, mais elles restent conditionnées à la publication des décrets d’application.
Ce que les futurs retraités doivent anticiper dès maintenant
Quand et comment déposer sa demande de retraite
Malgré la mise à jour rapide des outils, la suspension de la réforme ne modifie pas les règles de dépôt des dossiers. Une demande de retraite ne peut être déposée que cinq mois avant la date effective de départ.
La suspension s’appliquant uniquement aux départs à compter du 1er septembre 2026, les assurés concernés pourront engager leurs démarches à partir du 1er avril 2026 via le portail officiel Info Retraite.
Le simulateur reste un outil d’aide à la décision : il ne vaut ni validation des droits, ni demande formelle de liquidation.
Les prochaines mises à jour attendues avant l’été
D’autres évolutions du simulateur sont attendues dans les prochains mois, en lien avec les mesures prévues par la LFSS 2026. Certaines concernent des situations très spécifiques, mais peuvent avoir un impact individuel important.
Parmi elles figurent l’ajout de trimestres “enfant” pour les carrières longues, la mise à jour de la surcote parentale ou encore une bonification de durée pour certaines femmes fonctionnaires.
Un nouveau parcours de simulation dédié au cumul emploi-retraite doit également être déployé, afin de mieux accompagner les assurés dans un contexte réglementaire encore mouvant.