Mauvaise surprise fiscale : la taxe foncière repart à la hausse en 2026

Par Baptiste BIALEK le 19 janvier 2026 à 19:45

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Mauvaise surprise fiscale : la taxe foncière repart à la hausse en 2026

La taxe foncière va de nouveau augmenter en 2026, touchant plus de 32 millions de propriétaires en France. Si la hausse annoncée est plus modérée que les années précédentes, elle reste automatique et pourrait être aggravée par des décisions locales. Voici ce qu’il faut comprendre dès maintenant.

Pourquoi la taxe foncière augmente en 2026

Le rôle de l’indice des prix à la consommation harmonisé

La hausse de la taxe foncière en 2026 s’explique par le mécanisme légal de revalorisation des bases cadastrales. Chaque année, ces valeurs sont automatiquement ajustées en fonction de l’évolution de l’indice des prix à la consommation harmonisé.

Pour 2026, l’indice retenu correspond à l’évolution des prix entre novembre 2024 et novembre 2025. Selon les données définitives de l’Insee, cette progression atteint 0,8 %, un niveau nettement inférieur aux pics observés ces dernières années.

Ce taux sert de référence nationale pour recalculer la base d’imposition de l’ensemble des propriétés bâties et non bâties, hors locaux professionnels.

Une hausse automatique indépendante des élections municipales

Contrairement à une idée répandue, cette revalorisation ne dépend pas des décisions politiques locales. Elle s’applique de manière automatique, même en période électorale, y compris à l’approche des municipales de 2026.

Autrement dit, même si certaines communes choisissent de ne pas augmenter leurs taux, la taxe foncière progresse mécaniquement via la revalorisation des bases. Cette règle, en vigueur depuis 2018, vise à maintenir un lien direct entre fiscalité locale et inflation.

Pour les propriétaires, cela signifie que la hausse est inévitable, quelle que soit la stratégie fiscale adoptée localement.

De combien va augmenter la taxe foncière en 2026

Le coefficient de revalorisation appliqué aux bases cadastrales

En 2026, le coefficient de revalorisation des valeurs locatives cadastrales devrait s’établir à 0,8 %. Ce pourcentage correspond directement à l’évolution de l’indice des prix à la consommation harmonisé mesuré par l’Insee.

Concrètement, cette hausse s’appliquera à la base de calcul de la taxe foncière avant l’application des taux votés par les collectivités. Tous les propriétaires sont concernés, qu’il s’agisse d’un logement principal, secondaire ou d’un bien locatif.

Même si le taux peut sembler limité, son effet est immédiat sur la facture finale, car il s’ajoute à un niveau de taxation déjà élevé dans de nombreuses communes.

Comparaison avec les hausses de 2023, 2024 et 2025

La hausse prévue en 2026 reste toutefois plus modérée que celles observées récemment. En 2023, la revalorisation avait atteint 7,1 %, suivie d’une augmentation de 3,9 % en 2024, puis de 1,7 % en 2025.

Ce ralentissement reflète la baisse progressive de l’inflation. Il n’en demeure pas moins que la taxe foncière continue de progresser chaque année, sans retour en arrière possible.

Pour de nombreux ménages, cette succession de hausses crée un effet cumulatif perceptible sur le budget, en particulier pour les propriétaires modestes et les retraités.

Ce qui peut encore alourdir la facture des propriétaires

Les hausses votées par les collectivités locales

La revalorisation automatique des bases cadastrales n’est qu’une partie de l’équation. Les communes, intercommunalités et départements conservent la possibilité d’augmenter leurs taux d’imposition.

Ces décisions locales peuvent intervenir indépendamment de l’inflation et s’appliquer en complément de la hausse nationale. Dans certaines zones tendues, cela peut conduire à une augmentation bien supérieure aux 0,8 % annoncés.

Les propriétaires découvrent généralement ces hausses lors de la réception de l’avis d’imposition, sans mécanisme de plafonnement généralisé.

L’impact de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères

La taxe d’enlèvement des ordures ménagères suit le même principe de revalorisation que la taxe foncière. En 2026, elle sera également ajustée à hauteur de 0,8 %, hors décisions locales.

Cette taxe, souvent intégrée à l’avis de taxe foncière, contribue à alourdir la facture globale. Son poids varie fortement selon les communes et le mode de financement choisi.

Pour les propriétaires bailleurs, cette hausse peut être partiellement répercutée sur les charges locatives, ce qui n’est pas le cas pour les occupants.