Peu de propriétaires le savent, mais leur assurance peut couvrir un squat

Par Baptiste BIALEK le 23 janvier 2026 à 06:45

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Peu de propriétaires le savent, mais leur assurance peut couvrir un squat

Un logement squatté peut vite devenir un cauchemar juridique et financier pour un propriétaire. Pourtant, peu le savent, certaines assurances habitation peuvent accompagner – voire prendre en charge – une partie des démarches et frais liés à l’expulsion. Encore faut-il avoir les bonnes garanties.

Squat d’un logement un risque plus fréquent qu’on ne le pense

Résidence principale secondaire logement vacant

Le squat ne concerne pas uniquement les logements abandonnés. Une résidence principale inoccupée quelques semaines, un appartement en vente ou une maison secondaire peuvent aussi être ciblés. L’absence prolongée, le manque de surveillance ou une entrée peu sécurisée suffisent parfois.

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Contrairement aux idées reçues, les squatteurs ne s’installent pas toujours par effraction visible. Faux baux, changement de serrure ou occupation discrète rendent la situation complexe dès la découverte.

Pourquoi les squats restent difficiles à détecter

Le principal problème réside dans le délai. Plus l’occupation est ancienne, plus les démarches deviennent longues. Passé un certain temps, le logement est juridiquement considéré comme occupé, même illégalement.

Les chiffres disponibles restent partiels, mais les signalements liés aux squats et aux occupations frauduleuses progressent. Entre manque de données centralisées et diversité des situations, le phénomène reste sous-évalué.

Pour le propriétaire, l’impact est immédiat : impossibilité d’accéder à son bien, frais juridiques, pertes de loyers et stress important. C’est souvent à ce stade que la question de l’assurance habitation se pose, notamment pour bénéficier d’une protection juridique ou d’un accompagnement structuré.

Que peut faire un propriétaire face à un squat

Les démarches légales obligatoires

Face à un squat, agir seul est une erreur fréquente. Le propriétaire doit d’abord signaler l’occupation auprès des forces de l’ordre, puis déposer plainte. Ces étapes sont indispensables pour enclencher une procédure officielle.

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Il est également recommandé de réunir rapidement les preuves de propriété et d’occupation illégale. Plus le dossier est solide, plus les délais peuvent être réduits. À ce stade, certains contrats incluent déjà une aide juridique précieuse.

Expulsion administrative ou judiciaire

Deux voies existent. L’expulsion administrative peut être envisagée lorsque le logement constitue la résidence principale ou secondaire du propriétaire. Elle permet parfois une évacuation rapide, sans passage devant un juge.

Dans les autres cas, la procédure judiciaire reste obligatoire. Elle implique avocat, audience et délais parfois longs, générant des coûts importants. Sans garanties spécifiques, ces frais restent à la charge du propriétaire.

C’est précisément ici que l’assurance habitation peut faire la différence, en prenant en charge tout ou partie des démarches, selon les options souscrites et les exclusions prévues au contrat.

Assurance habitation et squat ce que couvre vraiment votre contrat

Protection juridique et prise en charge des frais

Dans certaines situations, l’assurance habitation peut intervenir via une garantie de protection juridique. Cette couverture permet d’obtenir des conseils, un accompagnement administratif et, parfois, la prise en charge des frais d’avocat ou de procédure.

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Selon les contrats, les coûts liés à l’expulsion, aux démarches légales ou à la défense des droits du propriétaire peuvent être partiellement ou totalement remboursés. Cette aide reste toutefois conditionnée au respect des procédures et à la déclaration rapide du sinistre.

Garanties optionnelles et exclusions courantes

La majorité des contrats standards n’intègrent pas automatiquement la couverture du squat. Il s’agit le plus souvent d’options spécifiques, associées aux garanties contre les loyers impayés ou à des protections renforcées pour les propriétaires bailleurs.

Certains cas restent exclus, notamment si le logement était vacant depuis longtemps ou insuffisamment sécurisé. D’où l’importance de relire attentivement les clauses, plafonds d’indemnisation et délais de carence.

Vérifier son contrat en amont, renforcer la sécurité du bien et adapter ses garanties permet de limiter les risques financiers et d’éviter une situation où l’assurance refuse toute prise en charge.