Immobilier ou entreprises non cotées : ces deux options séduisent de plus en plus d’épargnants en assurance-vie. Mais derrière les promesses de diversification et de rendement, les risques, frais et horizons de placement diffèrent fortement. Avant d’arbitrer, mieux vaut comprendre ce qui distingue réellement ces investissements.
Assurance-vie et diversification hors Bourse
Pourquoi les épargnants cherchent des actifs décorrélés
Depuis plusieurs années, la volatilité des marchés financiers pousse de nombreux épargnants à rechercher des solutions plus stables. Les crises successives ont rappelé que les actifs cotés peuvent chuter brutalement, parfois sans lien direct avec l’économie réelle.
Dans ce contexte, l’assurance-vie apparaît comme une enveloppe idéale pour accéder à des supports moins corrélés à la Bourse. Immobilier et non-coté répondent à cet objectif en s’appuyant sur des actifs tangibles ou sur le financement direct d’entreprises.
Cette logique vise avant tout à lisser la performance globale du contrat sur le long terme, plutôt qu’à rechercher un gain rapide.
Le rôle clé des unités de compte dans l’assurance-vie
La diversification passe essentiellement par les unités de compte, qui permettent d’investir hors fonds en euros. Ces supports offrent un potentiel de rendement supérieur, mais exposent aussi l’épargnant à un risque de perte en capital.
L’immobilier via les SCPI et le non-coté via des fonds spécialisés s’intègrent dans cette poche dynamique. Leur intérêt repose sur une logique de long terme, avec une visibilité parfois limitée à court terme.
Pour limiter les déséquilibres, les professionnels recommandent de ne pas surpondérer ces actifs et de les inscrire dans une allocation globale cohérente, adaptée au profil de risque de chaque épargnant.
Immobilier en assurance-vie : opportunités et limites
SCPI en assurance-vie : rendement, frais et liquidité
L’immobilier constitue une porte d’entrée historique dans la diversification de l’assurance-vie. Il s’exprime principalement à travers les SCPI, qui permettent d’accéder à un portefeuille immobilier diversifié sans les contraintes de gestion directe.
Ces supports offrent encore des niveaux de rendement attractifs, souvent supérieurs à ceux du fonds en euros. En contrepartie, les frais de souscription restent élevés et doivent être amortis sur un horizon de placement long.
Intégrées à l’assurance-vie, les SCPI bénéficient toutefois d’un avantage majeur : la liquidité est assurée par l’assureur, dans des délais encadrés par la réglementation.
Les risques actuels du marché immobilier
Le marché immobilier a traversé une phase de correction marquée, notamment sur les actifs de bureaux. Certaines SCPI ont vu la valeur de leurs parts reculer, révélant l’importance de la qualité du patrimoine et de sa localisation.
Les performances restent dépendantes du taux d’occupation et de la capacité à maintenir des loyers réguliers. Les actifs trop concentrés géographiquement ou sectoriellement apparaissent plus vulnérables.
Dans ce contexte, la prudence s’impose : la part consacrée aux SCPI doit rester mesurée afin de préserver l’équilibre global du contrat d’assurance-vie.
Entreprises non cotées : un pari plus risqué mais stratégique
Private equity, dette privée, infrastructures : de quoi parle-t-on
Le non-coté regroupe des investissements réalisés en dehors des marchés boursiers. Il inclut le private equity, la dette privée ou encore les fonds d’infrastructures, accessibles en assurance-vie via des unités de compte dédiées.
Ces supports financent directement l’économie réelle, en accompagnant la croissance d’entreprises ou de projets à long terme. Leur fonctionnement reste toutefois moins lisible que celui des actifs traditionnels.
La valorisation des fonds est plus progressive et dépend fortement de la stratégie retenue par la société de gestion.
Rendement espéré, frais et horizon de placement
Le non-coté affiche des perspectives de rendement supérieures à celles de nombreux supports classiques, mais au prix d’un niveau de risque plus élevé. Les performances varient fortement selon les secteurs et le cycle économique.
Les frais d’entrée et de gestion sont significatifs et viennent peser sur la performance nette. L’épargnant doit accepter un horizon de placement long, souvent supérieur à huit ans.
Intégré avec mesure dans une allocation diversifiée, le non-coté peut jouer un rôle complémentaire, à condition de bien évaluer son couple rendement-risque et sa tolérance à l’illiquidité.