En 2026, la hausse de l’assurance habitation ne sera pas un simple ajustement tarifaire. Entre climat, sinistres en série et nouvelles règles d’indemnisation, la facture va s’alourdir pour des millions de ménages, avec un impact particulièrement marqué dans certaines villes et pour les propriétaires.
Pourquoi l’assurance habitation augmente encore en 2026
Une hausse devenue structurelle
La hausse de l’assurance habitation en 2026 s’inscrit dans une tendance désormais durable. Les assureurs ne parlent plus d’ajustement ponctuel, mais bien d’un rééquilibrage profond des tarifs face à l’augmentation continue des risques. Selon plusieurs acteurs du secteur, les primes progresseront encore de 6 à 7 % en moyenne sur l’année.
Cette dynamique touche l’ensemble du territoire, mais avec des écarts importants selon les profils et les zones géographiques. Les contrats multirisques habitation sont particulièrement concernés, car ils concentrent l’essentiel des indemnisations liées aux sinistres climatiques et aux dommages du quotidien.
Des augmentations déjà fortes en 2024 et 2025
L’année 2026 prolonge une série de hausses déjà significatives. En 2024, le coût moyen d’une assurance habitation avait progressé de plus de 7 %, puis de 8 à 12 % en 2025 selon les profils assurés. Ces augmentations successives ont déjà pesé sur le budget logement de nombreux ménages.
Les assureurs justifient cette évolution par une sinistralité record et par la nécessité de maintenir l’équilibre financier des contrats. Pour les assurés, cette accumulation crée un effet de seuil : même une hausse modérée en 2026 se traduit par une facture sensiblement plus lourde qu’il y a encore deux ou trois ans.
Climat, sinistres et catastrophes naturelles en cause
Sécheresse, inondations et retrait-gonflement des sols
Le principal moteur de la hausse de l’assurance habitation en 2026 reste l’explosion des sinistres climatiques. Sécheresses répétées, inondations soudaines et épisodes méditerranéens plus intenses provoquent des dégâts de plus en plus coûteux. Parmi eux, le phénomène de retrait-gonflement des sols argileux est devenu l’un des plus lourds à indemniser.
Ces mouvements de terrain fragilisent les fondations et entraînent fissures, affaissements et travaux structurels. Pour les assureurs, ces dommages représentent désormais un poste majeur, difficile à anticiper et à mutualiser, ce qui se répercute directement sur les primes.
Des coûts de sinistres en explosion pour les assureurs
Les montants indemnisés au titre des catastrophes naturelles atteignent des niveaux records. En 2024, l’ensemble des sinistres climatiques a représenté plusieurs milliards d’euros pour le secteur de l’assurance. Les projections à long terme sont tout aussi préoccupantes, avec une hausse estimée de 40 % des coûts d’ici 2050 pour les seuls effets du changement climatique.
Face à cette pression financière, les assureurs ajustent leurs tarifs pour préserver la viabilité des contrats. Cette logique explique pourquoi la hausse ne se limite plus à certaines années exceptionnelles, mais s’installe comme une tendance de fond, appelée à durer.
Villes moyennes et propriétaires les plus impactés
Pourquoi Avignon, La Rochelle ou Bordeaux paient plus cher
La hausse de l’assurance habitation en 2026 frappe plus durement les villes moyennes. Ces territoires cumulent une exposition élevée à certains risques climatiques et une densité urbaine propice aux sinistres du quotidien. Des villes comme Avignon, La Rochelle ou Bordeaux figurent désormais parmi les plus chères à assurer.
Submersion marine, tempêtes, inondations par ruissellement ou fissures liées à la sécheresse expliquent ces écarts. Dans certaines communes, le coût annuel d’une assurance pour un logement standard dépasse nettement la moyenne nationale, un renversement par rapport aux grandes métropoles autrefois en tête du classement.
Propriétaires vs locataires : qui subit le plus la hausse
Les propriétaires sont les premiers touchés par l’augmentation des tarifs. En 2026, leurs primes progresseraient en moyenne de 9 à 12 %, contre 8 à 10 % pour les locataires. Cette différence s’explique par la nature des biens assurés et par le niveau d’indemnisation en cas de sinistre lourd.
À cela s’ajoute la hausse de la surprime liée aux catastrophes naturelles, intégrée aux contrats depuis plusieurs décennies. Pour de nombreux foyers propriétaires, l’assurance habitation devient ainsi un poste de dépense de plus en plus difficile à compresser, au même titre que le crédit ou les charges énergétiques.