Le plan d’épargne retraite évolue en 2026, avec des règles fiscales moins favorables pour certains épargnants. Hausse des prélèvements sociaux, limite d’âge pour la déduction et ajustement des plafonds : ces changements peuvent modifier votre stratégie retraite plus vite que prévu.
Ce que change réellement le PER en 2026
Hausse des prélèvements sociaux à 18,4 %
Depuis le 1er janvier 2026, les prélèvements sociaux appliqués au PER passent de 17,2 % à 18,4 %. Concrètement, cela augmente la taxation des gains au moment des sorties, ce qui réduit mécaniquement le montant net récupéré.
Cette hausse concerne tous les PER, qu’ils soient individuels, collectifs ou obligatoires, et qu’ils soient en version assurantielle ou compte-titres. Autrement dit, vous n’y échappez pas en changeant simplement de “type” de PER.
Point important : le PER garde un fonctionnement favorable pendant la phase d’épargne, car les prélèvements sociaux ne sont pas prélevés chaque année sur les unités de compte. Cela laisse les intérêts composés travailler plus longtemps, ce qui peut partiellement compenser la hausse au moment de la sortie.
Sorties en capital et en rente impactées
La hausse s’applique aux sorties en capital réalisées depuis le début de l’année 2026. Pour les sorties en rente, l’impact existe aussi sur les différents compartiments, avec une exception notable : certaines rentes issues de versements obligatoires relèvent d’un régime social différent.
En pratique, la question à vous poser est simple : votre objectif est-il une sortie en capital, une rente, ou un mix des deux ? Selon votre choix, l’effet de la hausse peut être plus ou moins visible, surtout si vous aviez prévu une sortie rapide à court terme.
Si vous pilotez votre allocation, une piste est de vérifier si votre horizon est cohérent avec ces règles : plus l’épargne capitalise longtemps, plus l’avantage de la capitalisation peut absorber une partie de la friction fiscale à la sortie.
Fin de la déductibilité après 70 ans
Nouvelle limite d’âge et logique fiscale
Le budget 2026 introduit une nouveauté majeure : les versements volontaires sur un PER ne sont plus déductibles du revenu imposable au-delà de 70 ans. L’administration fiscale justifie cette borne d’âge par une volonté de limiter les montages jugés abusifs, réalisés tardivement uniquement pour réduire l’impôt.
Attention toutefois : il reste possible d’alimenter un PER après 70 ans. Simplement, ces versements n’ouvrent plus droit à l’avantage fiscal à l’entrée, qui constituait jusqu’ici l’un des piliers de l’intérêt du dispositif.
Cette mesure s’applique aux versements effectués à compter du 1er janvier 2026, y compris ceux réalisés en tout début d’année, malgré l’adoption tardive de la loi. Ce point crée une insécurité pour certains épargnants qui pensaient encore bénéficier de la déduction.
Profils pénalisés et incohérences du dispositif
Cette limite d’âge pénalise surtout les actifs qui prolongent leur carrière au-delà de 70 ans. C’est notamment le cas de certaines professions libérales ou indépendantes, pour lesquelles l’activité peut se poursuivre par choix ou par nécessité économique.
La mesure interroge aussi au regard des politiques publiques encourageant le cumul emploi-retraite. Inciter à travailler plus longtemps tout en supprimant l’avantage fiscal du PER au-delà d’un certain âge peut sembler contradictoire.
Dans ce contexte, il devient crucial d’anticiper : si vous approchez de 70 ans, arbitrer le calendrier de vos versements peut faire la différence entre une épargne optimisée et une stratégie nettement moins efficace fiscalement.
Une bonne nouvelle pour compenser
Report du plafond de déduction sur 5 ans
Le dernier changement apporté au PER en 2026 est cette fois clairement positif. La durée de report des plafonds de déduction non utilisés passe de 3 à 5 ans. Cette évolution offre davantage de souplesse pour lisser ou rattraper des versements non effectués les années précédentes.
Concrètement, si vous n’avez pas pleinement utilisé votre plafond de déduction lors d’une période de revenus plus faibles, vous pouvez désormais mobiliser ces plafonds plus anciens lorsque votre capacité d’épargne augmente.
Ce mécanisme est particulièrement pertinent pour les épargnants qui connaissent une progression de carrière tardive ou une baisse des charges familiales, par exemple après le départ des enfants du foyer fiscal.
Opportunités pour les hauts revenus et couples
Pour les couples mariés ou pacsés soumis à imposition commune, l’intérêt est renforcé grâce à la mutualisation des plafonds. Le report sur cinq ans peut ainsi créer un effet de levier fiscal significatif lorsqu’un seul des deux conjoints concentre l’essentiel des revenus.
Utilisé intelligemment, ce levier permet de concentrer les versements sur quelques années à forte pression fiscale, afin de maximiser l’économie d’impôt tout en préparant la retraite.
Dans un PER devenu un peu moins généreux, cette souplesse supplémentaire peut faire la différence entre un simple produit d’épargne et un véritable outil d’optimisation patrimoniale.