Deux logements identiques, dans la même ville, peuvent afficher jusqu’à 52 % d’écart sur la consommation de chauffage. La différence ? Le DPE. Mais l’étude publiée après l’hiver 2025-2026 montre aussi un autre facteur souvent sous-estimé : vos habitudes au quotidien.
Le DPE pèse vraiment sur la facture de chauffage
Le diagnostic de performance énergétique continue de jouer un rôle central dans les dépenses des ménages. Selon l’étude menée par Watt Watchers sur 21 000 foyers français, les logements classés A à C consomment entre 39 % et 52 % de moins pour le chauffage que les biens classés F ou G.
Le constat reste particulièrement visible pendant l’hiver. Le chauffage représente jusqu’à 64 % de la consommation énergétique totale d’un foyer. Avec la hausse continue des prix de l’énergie, cet écart devient difficile à ignorer.
Jusqu’à 52 % d’écart entre bons et mauvais DPE
À surface équivalente et dans une même zone géographique, les logements bien isolés gardent nettement mieux la chaleur. Résultat : la chaudière ou les radiateurs tournent moins longtemps.
Ce qui change tout ? Les déperditions thermiques. Une maison mal isolée perd rapidement ses calories par le toit, les murs ou les fenêtres. À l’inverse, un logement récent ou rénové limite ces pertes et réduit mécaniquement la facture.
Le chauffage reste le premier poste de consommation
L’étude s’appuie sur 158 millions de données issues de compteurs communicants collectées durant l’hiver 2025-2026. Elle confirme une réalité simple : le chauffage reste le principal poste énergétique dans la majorité des logements français.
| Élément | Impact sur la consommation ou le bien |
|---|---|
| Isolation performante | Réduit les besoins de chauffe et limite les déperditions thermiques. |
| Fenêtres récentes | Limitent les pertes de chaleur et améliorent le confort intérieur. |
| Équipements modernes | Consomment moins d’énergie pour un niveau de chauffage équivalent. |
| DPE élevé | Améliore la valeur du bien et son attractivité sur le marché immobilier. |
Les habitudes peuvent presque doubler la consommation
Le DPE ne fait pas tout. L’étude montre qu’à performance énergétique équivalente, les consommations peuvent varier jusqu’à 90 % selon les occupants. Autrement dit, deux familles vivant dans le même type de logement peuvent recevoir des factures radicalement différentes.
Le premier facteur reste la température choisie. Un logement chauffé à 21 °C consomme jusqu’à 14 % de plus qu’un logement maintenu à 19 °C. Sur plusieurs mois d’hiver, l’impact devient très concret.
19 °C ou 21 °C, l’écart se voit vite
Beaucoup de foyers continuent de surchauffer certaines pièces sans réelle nécessité. Pourtant, baisser le chauffage d’un seul degré permet en moyenne 7 % d’économies.
Résultat : quelques ajustements suffisent parfois à alléger la facture sans perdre en confort. Les chambres chauffées modérément ou les programmations horaires bien réglées restent parmi les solutions les plus efficaces.
Les écogestes encore trop peu appliqués
L’étude souligne un point assez frappant : seuls 22 % des foyers analysés réduisent réellement leur température lorsque cela est pertinent. Moins de 12 % optimisent régulièrement leurs plages de chauffe.
À retenir : la rénovation énergétique améliore clairement la situation, mais les usages quotidiens restent décisifs. Une maison bien rénovée chauffée en permanence à 22 °C peut rapidement perdre une partie des gains attendus.
Rénovation énergétique et usages doivent avancer ensemble
Pour les spécialistes du secteur, la baisse durable des factures repose sur deux leviers complémentaires : les travaux et les comportements. L’un sans l’autre limite souvent les économies réelles.
Les logements les mieux classés bénéficient généralement d’une isolation renforcée, d’équipements récents et d’une meilleure gestion thermique. Mais les habitudes quotidiennes restent capables d’amplifier — ou de réduire — ces gains.
Isolation, équipements, réglages : le trio gagnant
Les aides comme MaPrimeRénov’, les primes CEE ou l’éco-prêt à taux zéro continuent d’encourager les rénovations. En pratique, les travaux les plus efficaces restent souvent les mêmes : isolation des combles, remplacement du chauffage ancien ou amélioration des fenêtres.
Ce qui ressort surtout de cette étude, c’est le retour à une logique simple. Un bon DPE réduit les besoins énergétiques. Mais un thermostat mal réglé ou un chauffage laissé inutilement actif peut encore faire grimper la consommation beaucoup plus vite qu’on l’imagine.