Immobilier de luxe à Londres : la chute après le départ des grandes fortunes

Par Baptiste BIALEK le 01 janvier 2026 à 06:45

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Immobilier de luxe à Londres : la chute après le départ des grandes fortunes

À Londres, l’immobilier de luxe traverse un trou d’air rare : la fin du statut fiscal “non dom” pousse des fortunes à partir, et le très haut de gamme se grippe. Moins de ventes, plus de biens affichés, et des prix qui décrochent : le marché bascule, avec de vraies opportunités pour certains acheteurs.

La fin du statut non dom bouleverse l’immobilier de luxe à Londres

Ce que change concrètement la réforme fiscale britannique

Depuis avril, le Royaume-Uni a profondément modifié le régime fiscal des résidents étrangers fortunés. Le statut dit non dom, qui permettait d’exonérer les revenus générés à l’étranger pendant quinze ans, a été largement réduit. Désormais, cet avantage est limité à quatre ans, avec une fiscalité successorale appliquée plus rapidement.

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Pour de nombreux patrimoines internationaux, Londres n’offre donc plus la même optimisation fiscale. Cette perte d’attractivité ne touche pas le marché résidentiel classique, mais frappe directement le segment du très haut de gamme, historiquement soutenu par les capitaux étrangers.

Pourquoi les grandes fortunes quittent le Royaume-Uni

Face à ce durcissement, plusieurs milliers de millionnaires ont choisi de déplacer leur résidence fiscale vers des territoires plus cléments. Dubaï, l’Italie ou Monaco figurent parmi les destinations privilégiées, offrant stabilité fiscale et visibilité à long terme.

Pour autant, ces départs ne s’accompagnent pas toujours d’une vente immédiate des biens londoniens. Beaucoup conservent leur résidence, par attachement à la ville, par stratégie patrimoniale ou pour des raisons familiales, notamment la scolarisation des enfants.

Résultat : une offre qui s’accumule sur le marché, sans contrepartie immédiate côté acheteurs, ce qui crée une pression inédite sur les valeurs de l’immobilier de prestige.

Transactions en chute libre et offre record sur le marché premium

Explosion des biens de plus de cinq millions de livres à la vente

Le marché londonien du luxe fait face à une situation rarement observée. Le nombre de biens affichés à plus de 5 millions de livres n’a jamais été aussi élevé, avec une progression spectaculaire sur un an. Cette accumulation traduit un déséquilibre clair entre l’offre et la demande sur le segment premium.

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Contrairement aux cycles précédents, cette hausse de l’offre ne résulte pas d’un afflux de nouveaux investisseurs, mais d’un attentisme généralisé. Les vendeurs préfèrent patienter, tandis que les acheteurs potentiels adoptent une posture d’observation.

Une baisse historique des ventes dans le très haut de gamme

Dans le même temps, les transactions s’effondrent. Les ventes de biens supérieurs à cinq millions de livres ont reculé de 35 % sur un an, un chiffre révélateur du blocage actuel. Les négociations s’allongent et les marges de discussion se creusent.

Cette correction ne signifie pas un désintérêt durable pour Londres, mais plutôt une phase d’ajustement. Le marché se purge des excès passés et s’aligne progressivement sur un nouveau cadre fiscal et économique.

Pour les investisseurs capables de se positionner sans contrainte de calendrier, cette phase marque un changement de rapport de force inédit en faveur des acheteurs.

Un exode temporaire qui crée des opportunités d’achat

Dubaï, Milan et Monaco ne remplacent pas Londres

Si plusieurs grandes fortunes ont déplacé leur résidence fiscale vers Dubaï, Milan ou Monaco, ces destinations peinent à offrir l’équivalent du marché londonien. Londres conserve une profondeur unique, une liquidité internationale et une attractivité culturelle difficilement reproductible.

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Pour beaucoup d’ultrariches, ces villes jouent un rôle de solution transitoire. Les biens londoniens sont conservés, non par hasard, mais comme une réserve de valeur stratégique en attendant un contexte plus favorable.

Pourquoi certains experts parlent d’un bon moment pour investir

Avec des vendeurs plus flexibles et une concurrence réduite, le marché actuel ouvre des fenêtres d’achat rares sur le segment du luxe. Les professionnels évoquent des négociations facilitées et des ajustements de prix auparavant impensables.

À moyen terme, un rebond reste envisageable, notamment en fonction des évolutions politiques et fiscales à venir. D’ici là, cette phase de repli permet aux acheteurs solides de se positionner sur des actifs d’exception dans des conditions nettement plus favorables.