Marseille un immeuble du boulevard Viala évacué après un incendie et un arrêté d’insalubrité

Par Baptiste BIALEK le 31 décembre 2025 à 06:45

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Marseille un immeuble du boulevard Viala évacué après un incendie et un arrêté d’insalubrité

À Marseille, l’évacuation en urgence d’un immeuble du boulevard Viala met une nouvelle fois en lumière la persistance de l’habitat indigne dans les quartiers Nord. Un incendie récent a accéléré une décision attendue depuis des années, laissant des familles contraintes de quitter leur logement en quelques heures.

Un incendie qui précipite une évacuation en urgence

Le sinistre survenu dans plusieurs logements

Dans la nuit du dimanche 14 décembre, un incendie s’est déclaré au sein de plusieurs appartements de l’immeuble situé au 85 boulevard Viala, dans le 15e arrondissement de Marseille. Si aucun blessé grave n’a été signalé, le feu a provoqué d’importants dégâts matériels et révélé une nouvelle fois l’état de dégradation avancée du bâtiment.

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Les services de secours, déjà intervenus à plusieurs reprises dans cet immeuble ces dernières années, ont rapidement constaté que les conditions de sécurité n’étaient plus réunies. Circulations dégradées, installations électriques défaillantes et logements fragilisés rendaient tout maintien sur place impossible.

Un arrêté d’insalubrité signé par le préfet

Face à l’urgence, le préfet des Bouches-du-Rhône a pris, le vendredi 19 décembre, un arrêté d’insalubrité en urgence. Ce document impose l’évacuation totale des occupants encore présents dans un délai de 48 heures, ainsi que leur mise à l’abri.

Pour accompagner cette opération sensible, une réunion d’information doit être organisée en début de semaine avec les associations et les services sociaux. L’objectif est d’assurer un relogement temporaire et un suivi adapté pour des familles déjà fragilisées par des conditions de vie précaires.

Un immeuble longtemps symbole de l’habitat indigne à Marseille

La confiscation judiciaire à un marchand de sommeil

L’immeuble du boulevard Viala n’est pas inconnu des autorités. Pendant des années, il a été exploité par un propriétaire qualifié de marchand de sommeil, louant des logements dégradés à des occupants souvent sans alternative. Dès 2021, plusieurs signalements avaient mis en évidence des manquements graves aux règles de salubrité et de sécurité.

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Après une longue procédure judiciaire, la situation a connu un tournant en avril 2024. La Cour d’appel d’Aix-en-Provence a ordonné la saisie du bâtiment, reconnaissant officiellement les pratiques illégales de l’ancien propriétaire et la gravité des conditions d’habitat imposées aux résidents.

Le rôle de l’AGRASC et la gestion par l’État

À la suite de cette décision, la gestion de l’immeuble a été confiée à l’État via l’AGRASC, l’agence chargée de l’administration des biens saisis. Cette reprise en main devait permettre une amélioration rapide de la situation et la mise en œuvre de travaux correctifs.

Dans les faits, seules des interventions limitées ont été engagées. Des réparations ponctuelles ont été réalisées, sans traiter les problèmes structurels du bâti. L’absence de rénovation durable a laissé l’immeuble dans un état critique, exposant toujours les occupants à des risques importants et illustrant les limites de la gestion transitoire de ce type de biens.

Dégradations persistantes et alertes répétées des autorités

Inspections, arrêtés de péril et constats d’insalubrité

Malgré la confiscation du bâtiment, les signalements n’ont jamais cessé. À l’automne 2025, de nouvelles inspections ont mis en évidence des désordres majeurs touchant plusieurs logements. Le 29 octobre, la Ville de Marseille a pris un arrêté de mise en sécurité visant certains appartements jugés dangereux pour leurs occupants.

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Quelques semaines plus tard, les services de l’État ont confirmé l’existence de désordres relevant de l’insalubrité. Problèmes d’humidité, installations vétustes et dégradations généralisées rendaient déjà le quotidien des habitants particulièrement difficile, bien avant l’incendie.

Une situation devenue inhabitable pour les occupants

Le sinistre survenu mi-décembre a marqué un point de non-retour. Les dégâts causés par le feu ont aggravé une situation déjà critique, compromettant définitivement la sécurité des lieux. Les autorités ont alors estimé que le maintien des familles dans l’immeuble représentait un danger immédiat.

L’évacuation totale a été décidée pour protéger les occupants, contraints de quitter leur logement dans l’urgence. Ce nouvel épisode relance le débat sur la lutte contre l’habitat indigne à Marseille et la capacité des pouvoirs publics à agir durablement face à ces situations récurrentes.