Le diagnostic de performance énergétique évolue en 2026 et pourrait changer la donne pour de nombreux propriétaires. Sans travaux, certains logements gagnent une meilleure étiquette grâce à une nouvelle méthode de calcul. Êtes-vous toujours concerné par le statut de passoire thermique ?
Le mode de calcul du DPE évolue en 2026
Ce qui change concrètement dans la méthode de calcul
Depuis le 1er janvier 2026, le diagnostic de performance énergétique repose sur un nouveau paramètre clé. Le coefficient de conversion de l’électricité en énergie primaire passe de 2,3 à 1,9. Autrement dit, chaque kilowattheure consommé est désormais considéré comme moins énergivore qu’auparavant.
Ce changement est purement méthodologique. Il ne modifie ni l’isolation du logement, ni les équipements en place, ni les usages des occupants. Pourtant, il peut avoir un impact direct sur la classe énergétique affichée.
Les logements chauffés à l’électricité étaient jusqu’ici pénalisés par un calcul jugé défavorable par rapport au gaz ou au fioul. Cette révision vise à rétablir une cohérence entre consommation réelle et étiquette DPE.
Pourquoi l’électricité est désormais mieux valorisée
La nouvelle méthode prend davantage en compte la réalité du mix énergétique français, composé à près de 95 % d’électricité décarbonée, issue principalement du nucléaire et des énergies renouvelables.
L’objectif affiché est double. D’une part, encourager la sortie progressive des énergies fossiles importées. D’autre part, favoriser l’électrification des usages domestiques, notamment via les pompes à chaleur.
Résultat, le DPE devient un outil plus aligné avec les enjeux climatiques actuels, sans pour autant dégrader la note d’aucun logement existant. Avec cette réforme, seules des améliorations ou un statu quo sont possibles.
Quels logements gagnent une meilleure étiquette énergétique
Logements chauffés à l’électricité concernés
Le nouveau mode de calcul du DPE profite en priorité aux logements dont le chauffage et la production d’eau chaude reposent majoritairement sur l’électricité. Cela concerne de nombreux appartements en immeubles collectifs, mais aussi des maisons individuelles équipées de radiateurs électriques ou de pompes à chaleur.
Ces biens affichaient souvent une note pénalisante malgré une consommation réelle maîtrisée. Avec la baisse du coefficient de conversion, leur performance énergétique est réévaluée de manière plus favorable.
Concrètement, certains logements classés F ou G peuvent désormais remonter d’une ou deux classes, sans modification technique du bâti.
Sortie du statut de passoire thermique sans travaux
Selon les estimations des pouvoirs publics, environ 850 000 logements devraient sortir mécaniquement du statut de passoire thermique grâce à cette réforme. Cela représente une part significative du parc immobilier concerné par les interdictions de location.
Cette amélioration ne nécessite aucun investissement supplémentaire pour les propriétaires. Le gain est exclusivement lié à l’actualisation du calcul, appliquée automatiquement aux diagnostics réalisés ou recalculés après le 1er janvier 2026.
En revanche, les logements chauffés au gaz ou au fioul ne bénéficient pas de cet effet. Leur étiquette énergétique reste inchangée, sauf en cas de travaux de rénovation.
Quelles conséquences pour les propriétaires en 2026
Location interdite ou autorisée selon la nouvelle note
La révision du DPE peut avoir des effets immédiats sur la mise en location des logements. Depuis 2025, les biens classés G sont interdits à la location, avant une extension aux logements F en 2028 puis E en 2034.
Grâce au nouveau calcul, certains logements initialement concernés par ces interdictions peuvent désormais repasser dans une classe autorisée. Cela permet aux propriétaires-bailleurs de maintenir ou de remettre leur bien sur le marché locatif, sans engager de travaux.
Dans un contexte de pénurie de logements à louer, cette évolution apporte un soulagement notable, notamment dans les zones tendues.
Impact sur la valeur de vente et le marché immobilier
Le DPE joue aussi un rôle déterminant lors d’une vente immobilière. Les logements classés F ou G subissent en moyenne une décote de 15 % par rapport aux biens mieux notés.
Une amélioration d’étiquette peut donc limiter cette perte de valeur, voire faciliter la transaction. Les vendeurs concernés disposent d’un argument supplémentaire pour rassurer les acheteurs sur la performance énergétique du logement.
À l’échelle nationale, cette réforme pourrait contribuer à fluidifier le marché immobilier, en réduisant le nombre de biens bloqués par une mauvaise notation énergétique.