Faux touristes, vrais squatteurs : le piège qui inquiète les propriétaires

Par Micheal Moulis le 20 février 2026 à 16:45
Mis à jour le 20 février 2026 à 16:46

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Faux touristes, vrais squatteurs : le piège qui inquiète les propriétaires

Les squats de locations touristiques explosent et certains propriétaires découvrent trop tard le piège. De faux locataires réservent légalement, puis refusent de partir. Résultat : procédures longues, pertes financières et blocage total du logement.

Comment fonctionnent les squats de locations touristiques

Le phénomène des squats locations touristiques repose sur une faille juridique simple : l’entrée dans le logement est légale. Les occupants ont réservé via une plateforme, payé une ou deux nuits, puis décident de ne plus partir.

Une fois sur place, ils installent leurs effets personnels et changent parfois la serrure. Le propriétaire se retrouve face à des occupants qui se maintiennent illégalement… sans être juridiquement considérés comme des squatteurs classiques.

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Le mode opératoire des faux locataires

La stratégie est rodée : réservation courte durée, arrivée discrète, puis déclaration d’une situation personnelle difficile. Certains invoquent un bébé, une urgence sociale ou un conflit familial pour justifier leur maintien.

Ils savent qu’en l’absence d’effraction, la procédure d’expulsion accélérée ne s’applique pas. Le rapport de force devient alors essentiellement judiciaire.

Pourquoi la loi ne permet pas une expulsion rapide

Pour qu’il y ait squat au sens strict, il faut une entrée illégale dans le logement. Ici, la réservation crée une forme d’occupation initialement autorisée. La police ne peut donc pas intervenir immédiatement.

Le propriétaire doit engager une procédure similaire à celle d’un locataire mauvais payeur. Résultat : au moins 6 mois de démarches, parfois davantage, avec plusieurs milliers d’euros de frais à la clé.

Comprenez-vous le risque ? Une simple réservation peut se transformer en blocage total de votre bien en pleine saison.

Quels risques pour les propriétaires Airbnb

Au-delà du choc initial, les conséquences financières peuvent être lourdes. Un logement bloqué en haute saison représente une perte immédiate de revenus, parfois sur plusieurs mois.

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À cela s’ajoutent les frais juridiques, les éventuelles dégradations et l’indemnisation des voyageurs suivants. Dans certains cas, la facture globale dépasse plusieurs milliers d’euros.

Procédure judiciaire longue et coûteuse

Le propriétaire doit saisir le tribunal pour obtenir une décision d’expulsion. Même en référé, les délais restent incompressibles. Pendant ce temps, les occupants restent sur place.

Chaque étape engendre des coûts : avocat, commissaire de justice, frais de procédure. Sans garantie de récupération rapide du logement.

Les erreurs à éviter face aux occupants

La tentation de reprendre le logement par la force est forte. Pourtant, changer la serrure ou couper l’électricité peut être qualifié de violation de domicile.

  • Changer la serrure : Risque pénal immédiat
  • Couper les services : Illégal sans décision judiciaire
  • Menaces directes : Peut se retourner contre vous

Les sanctions peuvent aller jusqu’à 3 ans de prison et 30 000 € d’amende. La prudence juridique reste donc essentielle, même en situation d’urgence.

Comment se protéger efficacement

Bonne nouvelle : le phénomène reste rare, estimé à environ 1 cas sur 100 000. Mais une seule situation peut suffire à déséquilibrer votre rentabilité annuelle. La prévention devient donc stratégique.

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Vérifications essentielles avant la réservation

Avant de valider une demande, analysez le profil avec méthode. Les plateformes affichent des signaux utiles, encore faut-il les exploiter.

  • Avis vérifiés : Historique positif indispensable
  • Motif du séjour : Demander des précisions cohérentes
  • Durée très courte : Vigilance accrue hors saison
  • Profil récent : Compte sans historique à examiner

Un échange écrit préalable permet aussi de créer une trace exploitable en cas de litige.

Le contrat de location courte durée comme solution

Formaliser un contrat distinct, même pour quelques nuits, peut changer la donne. Il facilite une action en référé et clarifie les obligations des parties.

Les conciergeries professionnelles peuvent intégrer ce dispositif. Ce cadre contractuel réduit les zones grises juridiques et renforce votre position en cas de contentieux.

En location saisonnière, la rentabilité ne dépend pas uniquement du taux d’occupation. Elle repose aussi sur votre capacité à sécuriser juridiquement chaque réservation.