Crédit immobilier en 2026 : les taux vont-ils enfin baisser après des mois de stabilité ?

Par Baptiste BIALEK le 15 février 2026 à 06:45

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Crédit immobilier en 2026 : les taux vont-ils enfin baisser après des mois de stabilité ?

Après des mois de stabilité, les taux de crédit immobilier montrent en 2026 quelques signaux inattendus. Certaines banques baissent leurs barèmes, tandis que la BCE temporise. Faut-il y voir le début d’un vrai mouvement baissier ou une simple opportunité ponctuelle pour les emprunteurs attentifs ?

Où en sont les taux de crédit immobilier début 2026

Les taux moyens pratiqués selon la durée du prêt

Après la remontée progressive observée fin 2025, les taux de crédit immobilier marquent un palier en ce début d’année 2026. Les courtiers constatent une stabilisation globale des barèmes, avec des écarts relativement contenus d’un établissement à l’autre.

Concrètement, les emprunteurs peuvent aujourd’hui se financer autour de 3,20 % sur 15 ans. Sur des durées plus longues, les taux s’établissent généralement entre 3,30 % et 3,50 % sur 20 ans, et entre 3,40 % et 3,60 % sur 25 ans, hors assurance.

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Ces niveaux restent proches de ceux observés sur la seconde partie de 2025. Ils traduisent un marché du crédit revenu dans une zone d’équilibre, loin des pics de tension connus après 2021, mais sans véritable détente structurelle.

Les profils emprunteurs qui obtiennent les meilleurs taux

La réalité du marché reste très différenciée selon le profil des ménages. Les banques continuent de réserver leurs meilleures conditions aux dossiers jugés les plus solides.

Les emprunteurs disposant de revenus élevés, d’une situation professionnelle stable et d’une épargne résiduelle peuvent ainsi décrocher des taux proches de 3 %. Dans de rares cas, certains dossiers très bien calibrés parviennent même à passer sous ce seuil sur des durées courtes.

À l’inverse, les profils plus contraints subissent davantage la dispersion des barèmes, ce qui renforce l’intérêt de comparer et de négocier activement.

Pourquoi certaines banques baissent leurs taux en février

Logiques commerciales et concurrence bancaire

Si la tendance globale reste à la stabilité, le mois de février 2026 a réservé quelques surprises. Plusieurs banques ont choisi d’ajuster leurs barèmes à la baisse, allant à contre-courant du consensus du marché.

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Ces mouvements s’expliquent avant tout par des stratégies commerciales ciblées. Les établissements pilotent désormais leurs taux avec une grande finesse, en fonction de leurs objectifs de production de crédits et de leur positionnement concurrentiel.

Dans ce contexte, la concurrence bancaire joue pleinement son rôle. Une baisse ponctuelle permet de capter des dossiers de qualité ou de se réaligner face à des réseaux plus agressifs, sans remettre en cause l’équilibre global des marges.

Exemples de banques ayant ajusté leurs barèmes

En février, plusieurs acteurs ont effectivement revu leurs taux à la baisse. C’est notamment le cas de la Société Générale, de certaines caisses régionales du Crédit Agricole ou encore de La Banque Postale.

Cette dernière a marqué les esprits en abaissant ses taux d’environ 0,25 point sur certaines durées. Une décision qui illustre bien le caractère opportuniste de ces ajustements, davantage liés à des choix commerciaux qu’à une évolution des fondamentaux économiques.

Pour les emprunteurs, ces écarts entre banques créent des fenêtres de négociation intéressantes, à condition de savoir comparer les offres et de présenter un dossier bien préparé.

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Les perspectives de taux pour le reste de l’année 2026

Le rôle de la BCE et des taux directeurs

À court terme, les fondamentaux ne plaident pas pour une baisse franche et durable des taux de crédit immobilier. La Banque centrale européenne maintient depuis plusieurs mois ses taux directeurs à des niveaux stables, avec un taux de dépôt proche de 2 %.

L’inflation évoluant autour de l’objectif de la BCE, l’institution privilégie une posture d’observation. Une détente du contexte monétaire international, notamment liée à l’évolution du dollar, pourrait toutefois rouvrir le débat sur un assouplissement progressif.

Dans tous les cas, le niveau encore élevé des taux longs de l’État français limite la marge de manœuvre des banques pour répercuter rapidement une éventuelle baisse sur les crédits immobiliers.

Les scénarios possibles pour les emprunteurs en 2026

Pour la majorité des experts, l’année 2026 devrait s’inscrire dans la continuité de 2025. Le scénario le plus probable reste celui d’une stabilité des taux immobiliers, ponctuée de légers mouvements à la hausse ou à la baisse selon les mois.

Un recul sensible et généralisé des taux apparaît peu probable, tout comme une remontée brutale vers des crédits proches de 4 %. Le marché semble avoir retrouvé un équilibre, avec un volume de transactions cohérent avec la moyenne des dix dernières années.

Dans ce contexte, les emprunteurs ont surtout intérêt à raisonner en opportunités individuelles plutôt qu’à attendre un hypothétique retournement de marché.