36,3 °C dans un HLM parisien : quand le logement devient invivable

Par Baptiste B. le 28 juillet 2026 à 19:45

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36,3 °C dans un HLM parisien : quand le logement devient invivable

36,3 °C dans un salon, des nourrissons évacués, des locataires âgés piégés chez eux : la canicule transforme certains HLM en véritables étuves. Derrière ces situations, un même problème revient sans cesse : des logements sans volets et des bailleurs qui tardent à agir.

Dans les HLM, la canicule transforme certains logements en pièges

Jusqu’à 36,3 °C dans un appartement parisien

Dans un T2 du XVe arrondissement de Paris, le thermomètre a atteint 36,3 °C. Le sol, les poignées et même les sanitaires semblaient brûlants.

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Trois ventilateurs tournaient sans relâche. Malgré cela, une locataire malvoyante a dû quitter son logement jusqu’à 2 heures du matin pour trouver un peu d’air dans un parc.

Personnes âgées, nourrissons et handicapés en première ligne

Une voisine de 68 ans a été retrouvée morte au pied de son lit. Le lien avec la chaleur n’a pas été officiellement établi, mais le drame a profondément marqué la résidence.

Au même moment, de jeunes parents ont fui avec leur bébé âgé de quinze jours. Ce qui change tout ? Les personnes vulnérables ne peuvent pas toujours se déplacer, surtout lorsque l’ascenseur tombe en panne.

Pourquoi les bailleurs refusent encore d’installer des volets

Des demandes rejetées malgré des alertes répétées

Dès novembre 2022, les locataires ont demandé l’installation de volets extérieurs. Réponse du bailleur, sept mois plus tard : refus, au motif qu’aucune modification de façade ne pouvait être autorisée.

Le paradoxe est brutal. En pleine alerte canicule, ce même bailleur recommandait à ses résidents de fermer leurs volets, alors que plusieurs immeubles n’en possédaient tout simplement pas.

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Des DPE parfois déconnectés de la réalité vécue

La résidence est classée D, donc moins prioritaire que les bâtiments notés E, F ou G. Sur le papier, le logement semble acceptable. Dans les faits, certains appartements deviennent inhabitables dès que la chaleur s’installe.

Plus gênant encore : plusieurs diagnostics mentionneraient la présence de volets isolants inexistants. Résultat : les dossiers avancent lentement, tandis que les locataires bricolent eux-mêmes des stores ou des protections en bambou.

Volets, rénovation, loyers : la colère des locataires monte

Une pétition déjà soutenue par des dizaines de milliers de personnes

Face aux refus répétés, les habitants ne se contentent plus d’attendre. Certains installent leurs propres protections solaires, malgré le règlement, tandis qu’une pétition intitulée « Pas de volets, pas de loyer » a dépassé 46 000 signatures.

Cette mobilisation traduit une fatigue profonde. Courriers, réunions, relances : dans plusieurs résidences, les demandes s’accumulent depuis des années sans travaux concrets.

Vers un droit à la protection contre les fortes chaleurs ?

Une proposition de loi signée par 150 députés voulait instaurer un droit aux volets et aux brasseurs d’air. Elle n’a pourtant pas été inscrite à l’ordre du jour.

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En clair, les locataires restent dépendants des décisions de leur bailleur. Avec des canicules plus fréquentes, adapter les logements sociaux n’est pourtant plus une question de confort, mais de sécurité.