Le chantier est figé depuis quatre ans, mais le problème ne vient plus des fondations. À Nice, le méga programme immobilier de l’Avant-Scène reste suspendu à une question d’assurance, laissant près de 600 acquéreurs sans calendrier de livraison.
Pourquoi le chantier de l’Avant-Scène à Nice est bloqué depuis quatre ans
Un affaissement qui a stoppé les travaux
Le chantier de l’Avant-Scène, dans le quartier du Grand Arénas à Nice, est à l’arrêt depuis 2022. En cause : l’aile est du bâtiment s’est enfoncée d’environ 18 centimètres dans un sol alluvionnaire, obligeant le promoteur Quartus à interrompre immédiatement les travaux.
Ce programme immobilier de 36 000 m², qui devait devenir l’un des projets majeurs du secteur, est rapidement devenu un véritable casse-tête technique. Depuis, les quelque 600 acquéreurs reçoivent régulièrement des courriers annonçant de nouveaux retards, sans véritable date de reprise.
Une réparation validée mais un chantier toujours figé
L’expert judiciaire a finalement validé une solution consistant à renforcer la structure grâce à l’installation de dizaines de micropieux pouvant atteindre 50 mètres de profondeur. Cette option écarte définitivement le scénario d’une démolition partielle du bâtiment.
Résultat : le problème technique est identifié, mais le chantier ne redémarre toujours pas. Ce qui bloque désormais n’est plus l’ingénierie, mais la capacité du promoteur à obtenir les garanties nécessaires pour assurer la reprise des travaux.
Assurance, coût des travaux : les deux principaux freins
Une facture qui double à 56 millions d’euros
La réparation de l’Avant-Scène représente un chantier hors norme. Le coût est désormais estimé à 56 millions d’euros, soit plus du double du budget initial fixé à 27 millions d’euros.
Cette somme doit être prise en charge par l’assureur Albingia, condamné par la justice à financer les réparations. Si le volet judiciaire semble désormais réglé, cela ne suffit pas à relancer le projet.
Pourquoi aucun assureur ne s’engage facilement
Le véritable obstacle est ailleurs. Le futur assureur chargé de couvrir les travaux doit s’assurer que la solution retenue ne créera pas de nouveaux désordres dans les années à venir. Les risques évoqués concernent notamment la stabilité de l’ouvrage, les normes parasismiques et d’éventuelles modifications des surfaces des logements.
Autrement dit, Quartus doit convaincre un nouvel assureur de garantir un chantier déjà marqué par un sinistre majeur. Tant que cette étape n’est pas validée, les entreprises ne recevront pas l’ordre de reprendre les travaux, malgré des interventions prêtes à démarrer.
Les acquéreurs devront encore patienter
Une reprise suspendue à un nouvel assureur
Selon Quartus, des discussions sont engagées avec un nouvel acteur majeur de l’assurance. Celui-ci mène actuellement plusieurs analyses techniques avant de décider s’il accepte de couvrir la fin du chantier.
À retenir : les entreprises sont prêtes à intervenir, mais aucun ordre de service ne sera donné tant que les garanties d’assurance ne seront pas définitivement obtenues. Le promoteur affirme vouloir sécuriser autant les travaux que les intérêts des acquéreurs.
Une livraison qui n’interviendra pas avant plusieurs années
Même si un accord est trouvé rapidement avec un assureur, les délais resteront conséquents. Quartus estime qu’il faudra encore environ 30 mois pour réaliser les travaux de réparation puis achever le programme immobilier.
Pour les quelque 600 acheteurs, l’attente se prolonge donc. Après quatre années de blocage, la reprise du chantier semble enfin se rapprocher, mais aucune date officielle de livraison ne peut encore être annoncée.
FAQ
Pourquoi le chantier est-il arrêté ?
À la suite d’un affaissement du bâtiment en 2022, des travaux de réparation complexes sont devenus nécessaires.
Les réparations ont-elles été validées ?
Oui. L’expert judiciaire a approuvé la solution technique retenue par le promoteur.
Quand les logements seront-ils livrés ?
Aucune date n’est connue. Une fois le chantier relancé, environ 30 mois de travaux seront encore nécessaires.