Un DPE peut aujourd’hui faire gagner — ou perdre — plusieurs milliers d’euros sur une transaction. Et avec environ 70 000 diagnostics potentiellement douteux par an, vérifier ce document avant de signer n’a plus rien d’accessoire. Quelques incohérences suffisent parfois à révéler un diagnostic bâclé, voire falsifié.
DPE frauduleux : les signes qui doivent immédiatement vous alerter
Des données incohérentes avec le logement
Commencez par regarder ce que vous connaissez déjà du bien. Surface habitable, type de chauffage, isolation, fenêtres : une erreur grossière sur l’un de ces éléments peut totalement modifier la classe énergétique obtenue.
Un appartement ancien classé B sans rénovation notable ? Méfiance. Même chose si la consommation annoncée semble étonnamment basse par rapport aux factures ou à l’état réel du logement.
Un diagnostic réalisé beaucoup trop rapidement
Un diagnostiqueur sérieux doit examiner le bâtiment, relever ses équipements et vérifier ses caractéristiques techniques. Un passage expédié en quelques dizaines de minutes mérite donc votre attention.
Plus inquiétant encore : un DPE réalisé sans visite du logement. Ce scénario doit immédiatement vous pousser à demander des explications et à contrôler l’authenticité du document.
Comment vérifier qu’un DPE est authentique et fiable ?
Contrôlez le diagnostiqueur et le numéro du diagnostic
Premier réflexe : vérifiez que le professionnel figure bien dans l’annuaire officiel des diagnostiqueurs certifiés. Le DPE doit également posséder un numéro permettant de retrouver son enregistrement auprès de l’ADEME.
Depuis le renforcement des contrôles engagé en 2025, le dispositif intègre aussi davantage d’outils de sécurisation. Les QR codes associés au diagnostic permettent notamment de contrôler plus facilement les informations du professionnel et du rapport.
Relisez les caractéristiques techniques ligne par ligne
Ne vous contentez pas de la lettre A, D ou G affichée en grand. Comparez les données renseignées avec le logement que vous avez sous les yeux.
| Élément à vérifier | Contrôle à effectuer |
|---|---|
| Surface | Vérifiez les mètres carrés indiqués |
| Chauffage | Contrôlez le système réellement installé |
| Isolation | Comparez murs, toiture et vitrages |
| Consommation | Repérez les résultats manifestement incohérents |
Autre détail à surveiller : une note située juste au-dessus d’un seuil de classement. Ce n’est évidemment pas une preuve de fraude, mais cela peut justifier une vérification supplémentaire.
Que faire si vous découvrez un DPE douteux ou falsifié ?
Demandez une contre-expertise avant de vous engager
Vous avez un doute sérieux ? Ne laissez pas le diagnostic devenir une simple formalité administrative. Contactez d’abord le diagnostiqueur afin d’obtenir des explications ou une correction.
Si les incohérences persistent, faites réaliser un second DPE par un autre professionnel certifié. Cette contre-expertise peut révéler un écart déterminant, notamment lorsque la classe énergétique influence directement le prix de vente ou les possibilités de location.
Quels recours contre un diagnostiqueur ?
Depuis juillet 2021, le DPE est opposable. Autrement dit, un acheteur ou un locataire lésé par un diagnostic erroné peut chercher à engager la responsabilité du professionnel lorsque l’erreur lui cause un préjudice.
À retenir : conservez le DPE, les échanges avec le diagnostiqueur et les éventuelles contre-expertises. Ce sont ces éléments qui permettront d’étayer une contestation. Face à un document douteux, le meilleur réflexe reste simple : vérifier avant de signer.