DPE 2026 : nouveau calcul, logements reclassés et impact réel sur l’immobilier

Par Cyril KUHM le 04 janvier 2026 à 11:45

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DPE 2026 : nouveau calcul, logements reclassés et impact réel sur l’immobilier

À compter du 1er janvier 2026, le DPE évolue discrètement mais ses effets pourraient être immédiats pour des centaines de milliers de logements. Reclassement énergétique, accès au crédit facilité, marché locatif assoupli… sans pour autant alléger les factures.

Ce qui change dans le calcul du DPE au 1er janvier 2026

Le nouveau coefficient de conversion de l’électricité

La principale évolution du DPE repose sur un ajustement technique longtemps attendu. À partir du 1er janvier 2026, le coefficient de conversion de l’électricité passe de 2,3 à 1,9. Ce coefficient sert à transformer l’énergie finale consommée en énergie primaire, base du classement énergétique.

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Concrètement, un logement chauffé à l’électricité verra sa consommation théorique recalculée à la baisse, sans modification réelle de ses équipements. Ce changement reflète davantage la réalité du mix électrique français, largement décarboné grâce au nucléaire et aux énergies renouvelables.

Pourquoi les logements électriques étaient pénalisés

Jusqu’ici, le DPE désavantageait structurellement les logements chauffés à l’électricité par rapport à ceux au gaz. À surface et isolation équivalentes, un appartement électrique obtenait souvent une note plus faible, indépendamment de sa performance réelle.

Cette correction vise à rétablir une forme d’équité dans l’évaluation énergétique. Selon les estimations officielles, près de 850 000 logements pourraient ainsi gagner une classe, notamment en sortant des catégories F ou G.

Il s’agit toutefois d’un reclassement administratif. Les usages, la consommation réelle et le confort thermique restent identiques tant qu’aucun travaux n’est engagé.

Quels logements vont réellement changer de classe énergétique

Combien de logements concernés et quels profils

L’impact de la réforme du DPE ne sera pas uniforme. Les logements les plus concernés sont ceux chauffés majoritairement à l’électricité, construits avant les dernières normes thermiques, mais bénéficiant déjà d’une isolation correcte sans être performante.

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Les studios, appartements anciens en copropriété et petites surfaces urbaines sont particulièrement concernés. Beaucoup étaient classés F ou G uniquement en raison du mode de chauffage, malgré une consommation maîtrisée.

Selon les projections, environ 850 000 logements verront leur étiquette énergétique s’améliorer automatiquement dès la mise à jour du calcul, sans nouvelle expertise technique du bâti.

Sortir des passoires thermiques sans travaux : dans quels cas

Certains biens pourraient sortir du statut de passoire thermique sans engager de travaux. Cela concerne principalement les logements situés à la limite des seuils réglementaires, notamment entre les classes F et E.

Attention toutefois : cette sortie est purement réglementaire. Un logement reclassé n’est pas pour autant plus économe à l’usage. Les déperditions thermiques, la qualité de l’isolation ou le confort hivernal restent inchangés.

Cette évolution peut cependant lever des blocages juridiques ou financiers, notamment pour la location ou la revente, en attendant des travaux de fond.

Impact concret sur le marché immobilier et les propriétaires

Location, crédit immobilier et valeur des biens

Le reclassement de certains logements aura des effets immédiats sur le marché immobilier. Un meilleur DPE réduit le nombre de biens soumis aux restrictions de location prévues par la loi Climat et Résilience, notamment pour les logements initialement classés F ou G.

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Côté financement, les banques intègrent de plus en plus le DPE dans leur analyse du risque. Un logement mieux noté améliore la perception du dossier emprunteur, avec à la clé des conditions de crédit parfois plus souples ou un apport exigé moins élevé.

Sur le plan patrimonial, cette évolution peut aussi limiter les décotes excessives observées sur certains biens électriques, sans pour autant provoquer une hausse artificielle des prix.

Pourquoi les factures d’énergie ne baisseront pas

Un point essentiel mérite d’être clarifié : la réforme du DPE ne modifie en rien la consommation réelle du logement. Les équipements, l’isolation et les usages restent identiques, tout comme les factures d’électricité.

Le risque serait de confondre amélioration administrative et performance énergétique réelle. Sans travaux ciblés (isolation, ventilation, chauffage), les dépenses énergétiques demeurent élevées malgré un meilleur classement.

En revanche, l’accès facilité au crédit peut constituer un levier stratégique pour engager des rénovations. En ce sens, le nouveau DPE fluidifie le marché, mais ne remplace jamais une rénovation énergétique efficace.