Dès 2027, un simple changement de calcul pourrait faire grimper la note énergétique de milliers de logements sans le moindre chantier. Si votre bien est chauffé à l’électricité, le nouveau DPE pourrait vous faire sortir du statut de passoire thermique — avec des conséquences directes sur sa location.
Nouveau calcul du DPE 2027 : ce qui change pour les logements électriques
Pourquoi l’électricité était pénalisée dans l’ancien calcul
Jusqu’ici, les logements chauffés à l’électricité partaient avec un handicap. Le DPE appliquait un coefficient de conversion plus défavorable que pour le gaz ou le fioul, ce qui pouvait faire basculer certains biens en classe F ou G.
Résultat : deux appartements similaires pouvaient afficher des notes très différentes selon leur mode de chauffage. Une situation devenue difficile à défendre alors que la politique énergétique française pousse justement à réduire l’usage des énergies fossiles.
Le facteur de conversion revu à partir du 1er janvier 2027
À compter du 1er janvier 2027, ce coefficient appliqué à l’électricité sera abaissé. En clair, la consommation retenue dans le calcul du DPE diminuera mécaniquement pour de nombreux logements électriques.
Ce qui change tout ? Certains propriétaires pourront obtenir une meilleure étiquette énergétique sans réaliser de travaux. Les logements proches de la frontière entre E et F, ou entre F et G, seront évidemment les premiers concernés.
125 000 logements locatifs vont sortir du statut de passoire thermique
Quels logements classés F ou G peuvent gagner une classe
Selon l’étude d’impact transmise au Conseil supérieur de l’énergie, 125 000 logements locatifs pourraient quitter les classes F ou G grâce au nouveau calcul. À l’échelle de toutes les résidences principales, environ 300 000 logements seraient concernés.
Les biens chauffés principalement à l’électricité et situés juste sous un seuil de classe devraient être les grands gagnants. Pour eux, quelques points peuvent suffire à changer totalement la donne.
Ce que cela change pour les propriétaires bailleurs
L’enjeu dépasse largement la couleur d’une étiquette. Depuis 2025, les logements classés G sont progressivement exclus du marché locatif, tandis que les logements F seront concernés à partir de 2028.
Autrement dit, gagner une classe peut offrir un véritable sursis à certains bailleurs. Un logement qui repasse en E pourrait ainsi rester louable plus longtemps, sans rénovation immédiate.
Un meilleur DPE sans travaux : la réforme fait déjà débat
Une mesure favorable à l’électrification des logements
Pour ses défenseurs, la réforme corrige une incohérence. L’électricité française étant largement décarbonée, la pénaliser davantage que le gaz pouvait sembler paradoxal au moment où les pouvoirs publics encouragent justement les pompes à chaleur.
En pratique, ce nouveau calcul pourrait donc rendre certains logements électriques nettement plus attractifs. Pour les propriétaires, c’est aussi une façon de sécuriser plus facilement la mise en location.
Le risque de masquer certains besoins de rénovation
Le point qui fâche est ailleurs : une meilleure note ne signifie pas forcément un logement mieux isolé. Certains acteurs craignent que la réforme fasse disparaître des passoires thermiques sur le papier, alors que leurs défauts restent bien réels.
À retenir : le DPE 2027 pourra améliorer une étiquette, mais il ne remplacera jamais une rénovation efficace. Isolation, ventilation et confort d’été resteront des critères décisifs pour juger réellement la qualité d’un logement.