Le plan Relance logement lancé en janvier 2026 vise à remettre rapidement des logements sur le marché, alors que l’offre locative recule et que les chantiers ralentissent. Son cœur : un nouveau dispositif fiscal dit Jeanbrun qui promet d’alléger fortement l’imposition des bailleurs, sous conditions. Voici ce qu’il change vraiment.
Le plan Relance logement et ses objectifs
Pourquoi l’État relance la construction et le locatif
Depuis plusieurs années, le marché du logement traverse une crise profonde. La baisse des mises en chantier et la raréfaction des logements à louer ont créé de fortes tensions, en particulier dans les zones urbaines et dynamiques.
En cinq ans, l’offre locative a reculé d’environ 15 %, affectant directement les étudiants, les apprentis et les jeunes actifs. Cette situation freine la mobilité professionnelle, complique l’accès à l’emploi et accentue les inégalités territoriales.
Face à ce constat, l’État a lancé le plan Relance logement afin d’agir rapidement sur plusieurs leviers : inciter les investisseurs privés, soutenir le logement social et accélérer les projets de construction bloqués par des contraintes administratives ou financières.
Les objectifs chiffrés à l’horizon 2030
Relance logement affiche une ambition claire : atteindre un rythme de 400 000 logements construits par an pour parvenir à 2 millions de nouveaux logements d’ici 2030.
Dès 2026, le plan prévoit la construction de 50 000 logements locatifs privés, en complément des programmes d’accession à la propriété. Côté parc social, l’objectif est fixé à 125 000 logements par an, afin de répondre à la demande des ménages les plus modestes.
Au-delà des chiffres, le plan entend restaurer la confiance des investisseurs et redonner de la visibilité à l’ensemble de la filière du logement.
Le dispositif fiscal Relance logement Jeanbrun
Qui peut en bénéficier et quels biens sont éligibles
Le dispositif fiscal Relance logement, aussi appelé dispositif Jeanbrun, s’adresse à tous les particuliers souhaitant investir dans l’immobilier locatif. Il est ouvert pour une durée de trois ans, afin de provoquer un effet rapide sur l’offre de logements.
Sont concernés les logements situés dans des immeubles collectifs, partout en France. Le dispositif s’applique aussi bien aux logements neufs qu’aux logements anciens, à condition que des travaux représentant au moins 30 % de la valeur du bien soient réalisés.
Cette ouverture à l’ancien vise notamment à remettre sur le marché des logements vacants ou énergivores, souvent exclus des dispositifs précédents.
Avantages fiscaux et mécanisme d’amortissement
Le cœur du dispositif repose sur un mécanisme d’amortissement du bien immobilier. L’investisseur peut déduire de ses revenus locatifs une partie du prix d’achat du logement, en plus de l’ensemble des charges liées à la location.
Sont ainsi déductibles les travaux, les intérêts d’emprunt et la taxe foncière, dans la limite de 12 000 euros d’amortissement par an. En cas de déficit, jusqu’à 10 700 euros peuvent être imputés sur les autres revenus du foyer.
Dans de nombreux cas, ce mécanisme permet de réduire fortement, voire d’annuler, l’imposition sur les loyers pendant plusieurs années.
Conditions, limites et impacts concrets pour les investisseurs
Obligations à respecter et plafonds à connaître
Pour bénéficier du dispositif Relance logement, l’investisseur doit respecter un cadre précis. Le logement doit être loué en tant que résidence principale pendant une durée minimale de neuf ans, sur un modèle proche des anciens dispositifs d’incitation fiscale.
Les loyers sont soumis à des plafonds, définis selon des niveaux intermédiaires, sociaux ou très sociaux, afin de garantir l’accès au logement à des publics ciblés. Les locations au sein du cercle familial proche sont interdites, afin de limiter les montages abusifs.
Ces contraintes visent à sécuriser l’efficacité du dispositif tout en évitant les effets d’aubaine constatés par le passé.
Exemple concret et effets sur le marché du logement
Un ménage achetant en 2026 un appartement de 180 000 euros, avec 30 000 euros d’apport et 150 000 euros d’emprunt, peut fortement réduire sa fiscalité grâce à l’amortissement et aux charges déductibles.
Après plusieurs années de détention, le dispositif peut conduire à une imposition nulle sur les revenus locatifs, tout en générant jusqu’à 16 000 euros de déductions sur l’impôt sur le revenu.
À l’échelle nationale, Relance logement ambitionne ainsi de remettre rapidement des logements sur le marché, de soutenir la construction et de rééquilibrer l’offre locative dans les zones sous tension.