Taux de crédit en légère hausse en 2026, faut-il emprunter maintenant ?

Par Baptiste BIALEK le 25 janvier 2026 à 19:45

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Crédit immobilier : faut-il emprunter maintenant avant une nouvelle hausse des taux ?

Les taux de crédit immobilier remontent légèrement début 2026, car les banques ajustent leurs barèmes après la hausse des taux d’emprunt d’État. La bonne nouvelle : la concurrence reste forte et les profils bien préparés, surtout les primo-accédants, peuvent encore négocier.

Les taux de crédit immobilier repartent à la hausse début 2026

Des barèmes bancaires revus à la hausse sur toutes les durées

Depuis le début de l’année 2026, plusieurs établissements bancaires ont discrètement ajusté leurs grilles de taux. Cette évolution concerne l’ensemble des durées d’emprunt, du crédit court sur dix ans aux financements plus classiques sur vingt ou vingt-cinq ans. Les barèmes affichent désormais des niveaux légèrement supérieurs à ceux de la fin 2025.

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Concrètement, les taux moyens observés avant négociation s’établissent autour de 3,40 % sur dix ans, 3,45 % sur vingt ans et 3,55 % sur vingt-cinq ans. Cette hausse est généralisée, même si son ampleur reste contenue d’une banque à l’autre.

Une augmentation encore modérée mais généralisée

Les courtiers s’accordent sur un point : il ne s’agit pas d’un choc brutal, mais d’un ajustement progressif. Les hausses constatées oscillent le plus souvent entre 0,10 % et 0,15 %, laissant une marge de manœuvre aux emprunteurs bien préparés.

Dans les faits, les banques continuent d’appliquer des décotes commerciales en fonction des profils. Apport personnel, stabilité professionnelle et gestion des comptes restent des leviers clés pour compenser cette remontée des taux.

Cette dynamique traduit surtout un retour à une phase de normalisation du marché du crédit, après plusieurs mois de détente progressive. Les établissements prêtent toujours, mais dans un cadre plus sélectif.

Pourquoi les banques augmentent leurs taux immobiliers

Le rôle clé des OAT et des taux d’emprunt d’État

La principale explication de cette remontée des taux immobiliers se trouve du côté des marchés obligataires. Les banques s’appuient sur le rendement des obligations assimilables du Trésor pour fixer leurs conditions de crédit, en particulier l’OAT à dix ans.

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Fin 2025, ce taux de référence a dépassé le seuil des 3,6 %, renchérissant mécaniquement le coût de financement des établissements bancaires. Face à cette hausse, les banques ajustent leurs grilles afin de préserver leurs marges, sans pour autant répercuter immédiatement l’intégralité de la variation sur les emprunteurs.

Incertitudes économiques et ajustements stratégiques des banques

Au-delà des taux d’État, le contexte économique et budgétaire incertain incite les banques à la prudence. Instabilité politique, trajectoire des finances publiques et anticipation des décisions monétaires pèsent sur leurs stratégies commerciales.

Pour autant, les établissements ne ferment pas le robinet du crédit. Ils conservent une flexibilité importante, modulant les taux proposés selon les objectifs commerciaux et les profils recherchés. Cette approche permet de maintenir une concurrence active tout en sécurisant les risques.

Dans ce cadre, la hausse des taux agit davantage comme un filtre qualitatif que comme un frein massif à l’accès au crédit immobilier.

Crédit immobilier en 2026 : qui peut encore emprunter facilement

Les primo-accédants toujours favorisés par les banques

Malgré la remontée des taux, certains profils continuent de bénéficier de conditions d’accès au crédit attractives. Les primo-accédants restent au cœur des stratégies bancaires, car ils représentent un potentiel de fidélisation sur le long terme.

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Fin 2025, près de 48 % des crédits immobiliers accordés concernaient des primo-accédants. Cette dynamique devrait se poursuivre en 2026, à condition de présenter un projet solide, un taux d’endettement maîtrisé et une capacité d’épargne cohérente.

Pourquoi attendre une baisse des taux serait risqué

À court terme, aucun scénario crédible n’anticipe un repli significatif des taux de crédit immobilier. Les projections actuelles évoquent plutôt une stabilisation ou une remontée progressive dans les premiers mois de l’année.

Reporter son projet dans l’espoir d’une baisse peut donc s’avérer contre-productif. Une hausse même limitée des taux peut rapidement annuler les bénéfices attendus, notamment dans un contexte où les prix immobiliers se stabilisent davantage que les conditions de financement.

En 2026, la clé reste la préparation du dossier et la capacité à négocier intelligemment, plutôt que l’attentisme.