Le crédit immobilier change de direction. Après quelques mois de stabilité, les taux repartent à la hausse et la production de prêts recule fortement. Pour les acheteurs, le vrai risque n’est plus seulement le coût du crédit, mais l’accès même au financement.
Les taux immobiliers repartent à la hausse en 2026
Un taux moyen à 3,29 % à la mi-juillet
La pause aura été courte. Après s’être maintenu à 3,22 % entre février et avril, le taux moyen des crédits immobiliers a atteint 3,29 % à la mi-juillet 2026.
La hausse reste mesurée, mais le signal est net. Les prêts sur 20 et 25 ans ont déjà gagné 5 points de base depuis janvier.
Pourquoi les banques remontent leurs barèmes
Les banques ont d’abord comprimé leurs marges pour soutenir une demande fragile. Elles changent désormais de stratégie face au coût du refinancement et aux risques de défaut.
En clair, elles privilégient la solidité de leurs fonds propres. L’été facilite ce virage, puisque l’activité de crédit recule habituellement d’environ 33 % en août.
La production de crédits immobiliers décroche
Une chute de 14,8 % à fin juin
Le retournement ne se voit pas seulement dans les barèmes. À fin juin, la production de crédits recule de 14,8 % sur un an, tandis que le nombre de prêts accordés baisse de 9,6 %.
Ce qui change tout ? Le marché reste très loin de ses standards d’avant-crise. Sur le premier semestre 2026, la production demeure inférieure de 44,5 % à la moyenne observée entre 2016 et 2019.
Des emprunteurs freinés par l’incertitude et l’apport
Les ménages reportent leurs projets. Le contexte économique pèse, mais les exigences d’apport et le resserrement de l’accès au crédit jouent aussi un rôle central.
Autrement dit, même un taux encore acceptable ne suffit plus. Un dossier jugé trop fragile peut être recalé avant même la négociation.
Ce qui attend les emprunteurs en 2027
Des taux qui pourraient atteindre 3,80 %
La remontée pourrait se poursuivre. Le taux moyen est attendu autour de 3,55 % fin 2026, puis proche de 3,80 % à la fin de l’année 2027.
Les banques chercheront surtout à reconstituer leurs marges et à limiter les dossiers risqués. Résultat : l’accès au crédit pourrait rester sélectif, même sans flambée spectaculaire des taux.
Une reprise fragile attendue au printemps
La demande pourrait repartir à la fin du printemps 2027, portée par une légère amélioration économique. Mais il ne faut pas attendre un rebond massif.
Le marché pourrait redémarrer, mais lentement. Les acheteurs les mieux préparés, avec apport et dossier solide, garderont une vraie longueur d’avance.