Le marché immobilier était reparti fort début 2026. Puis la guerre en Iran, les doutes sur les taux et la peur d’un nouveau blocage bancaire ont brutalement refroidi les acheteurs. Même chez Century 21, le ton change : investir pour louer redevient presque un sujet politique.
Immobilier 2026 pourquoi le marché ralentit déjà
Le rebond de 2025 fragilisé par les taux
Avec près de 945 000 transactions dans l’ancien en 2025, le marché immobilier français semblait enfin sortir de deux années de paralysie. Résultat : agences, banques et promoteurs avaient retrouvé un peu d’optimisme.
Mais depuis janvier 2026, le climat a changé. La remontée des tensions géopolitiques et les craintes autour des taux de la BCE freinent de nouveau les projets. Charles Marinakis, président de Century 21, compare même l’effet d’une hausse brutale des taux à “un freinage à 150 km/h”.
La peur géopolitique qui bloque les acheteurs
En clair, peu de Français renoncent à acheter “à cause” d’une guerre. En revanche, beaucoup craignent une baisse de leur pouvoir d’achat ou une dégradation économique dans les prochains mois.
- Taux bancaires : menace d’une nouvelle hausse
- Pouvoir d’achat : budgets immobiliers sous pression
- Investisseurs : retour des stratégies d’attente
- Crédit : banques toujours très sélectives
Ce qui change tout ? Les acheteurs surveillent désormais les mensualités avant même de regarder les annonces. À Paris comme en région, le financement redevient le vrai juge de paix.
Investir pour louer redevient un sujet politique
Les passoires thermiques au cœur du débat
Depuis l’interdiction progressive de location des logements classés F et G, des milliers de biens ont quitté le marché locatif. Selon Century 21, près de 700 000 logements auraient disparu du parc disponible.
Le gouvernement tente désormais d’assouplir certaines règles. L’objectif est simple : éviter une pénurie encore plus forte dans les grandes villes où les loyers explosent déjà.
Le propriétaire bailleur, cible ou solution ?
Charles Marinakis défend une idée rarement assumée publiquement : le petit propriétaire reste essentiel pour loger les Français. Selon lui, la réalité est loin de l’image du bailleur ultra-riche possédant des dizaines d’appartements.
Autrement dit, beaucoup de ménages investissent surtout pour préparer leur retraite ou générer un revenu complémentaire. Dans ce contexte, l’investissement locatif retrouve presque une dimension “civique”.
À retenir : entre fiscalité, DPE et risques d’impayés, une partie des investisseurs hésite encore à revenir. Pourtant, la demande locative continue d’augmenter dans la majorité des grandes villes françaises.
Ce que les Français attendent vraiment du logement
Pouvoir d’achat, loyers et présidentielle
Le logement absorbe désormais entre 30 % et 35 % des revenus des ménages français. Pourtant, le sujet reste souvent secondaire dans les débats politiques nationaux.
Pour les professionnels du secteur, la présidentielle de 2027 pourrait changer la donne. Le logement devient un sujet explosif : loyers élevés, accès au crédit compliqué, rénovation énergétique coûteuse et pénurie locative commencent à toucher toutes les classes sociales.
Dans certaines villes comme Marseille, Bordeaux ou Rennes, les tensions restent fortes malgré le ralentissement du marché. À Paris, les acheteurs étrangers profitent même de prix jugés désormais “abordables” face à New York ou Londres.
Résultat : le marché immobilier français entre dans une phase étrange. Les prix ne s’effondrent pas vraiment, mais la confiance des ménages reste fragile. Et sans confiance, même une baisse des taux pourrait ne pas suffire à relancer durablement les achats.