Le marché immobilier semblait enfin reprendre son souffle. Puis tout a changé. Entre tensions géopolitiques, remontée des taux et ralentissement économique, BPCE anticipe désormais une baisse des ventes de logements en 2026. Une prévision qui pourrait peser directement sur les projets de milliers d’acheteurs.
Le marché immobilier français perd son élan en 2026
Un début d’année prometteur rapidement stoppé
Après une année 2025 marquée par un retour progressif des acheteurs, 2026 semblait partir sur la même dynamique. Les ventes repartaient, les prix restaient relativement stables et les ménages retrouvaient un peu de capacité d’emprunt.
Puis le contexte international est venu rebattre les cartes. Selon BPCE, les tensions au Moyen-Orient ont accentué les incertitudes économiques déjà présentes. Résultat : le moral des ménages se dégrade et de nombreux projets immobiliers sont reportés.
L’ancien et le neuf face à des réalités différentes
Le marché de l’ancien montre déjà des signes de ralentissement. En mars 2026, les ventes ont reculé de 8 % par rapport à mars 2025. Les économistes de BPCE anticipent désormais environ 890 000 transactions dans l’ancien sur l’ensemble de l’année.
Du côté du neuf, quelques indicateurs repassent au vert avec davantage d’autorisations et de mises en chantier. Pourtant, le secteur reste fragile. Les prix élevés et une offre parfois mal adaptée continuent de freiner l’accès à la propriété.
Pourquoi les taux immobiliers repartent à la hausse
L’impact du contexte géopolitique et économique
La hausse des taux ne tombe pas du ciel. L’augmentation des prix de l’énergie, les tensions internationales et le retour des craintes inflationnistes poussent les banques centrales à adopter une posture plus prudente.
Pour les ménages, la conséquence est immédiate : le coût du crédit augmente et le pouvoir d’achat immobilier recule. Un même budget permet désormais de financer une surface plus faible ou impose d’allonger la durée d’emprunt.
Ce que prévoit BPCE pour les crédits en 2026
Après avoir atteint 3,22 % en mars 2026, le taux moyen des crédits immobiliers pourrait grimper à 3,43 % d’ici la fin de l’année selon les projections de BPCE.
Cette évolution pourrait sembler limitée. Pourtant, quelques dixièmes de point suffisent à exclure certains ménages du financement ou à réduire significativement leur capacité d’achat. BPCE estime ainsi que la production de crédits immobiliers pourrait reculer à 175 milliards d’euros en 2026, soit une baisse de 6 % sur un an.
Les experts rappellent également qu’environ 80 % des transactions immobilières reposent sur un crédit. Lorsque les taux montent, l’ensemble du marché finit généralement par ralentir.
Acheter en 2026 reste-t-il une bonne idée ?
Les profils d’acheteurs les plus exposés
Les premiers touchés restent les ménages qui dépendent fortement du crédit. Les secundo-accédants et les investisseurs locatifs voient leur capacité d’emprunt diminuer alors que les banques restent attentives à l’apport personnel et au niveau de revenus.
Les primo-accédants résistent un peu mieux grâce aux dispositifs d’aide et à la baisse observée des taux en 2025. Mais eux aussi restent sensibles à la moindre remontée du coût du crédit.
Les opportunités qui subsistent malgré le ralentissement
Tout n’est pas négatif pour autant. BPCE prévoit des prix quasiment stables en 2026, avec une légère baisse de 0,1 % sur un an. Pour les acheteurs disposant d’un dossier solide, cela peut créer davantage de marge de négociation.
Autrement dit, le marché ne s’effondre pas. Il entre plutôt dans une phase d’attentisme où vendeurs et acquéreurs cherchent leurs repères. Les biens de qualité continuent de trouver preneur, tandis que les logements surévalués deviennent plus difficiles à vendre.
- Taux plus élevés mais encore loin des niveaux historiques.
- Prix stables dans la majorité des régions.
- Négociation facilitée sur certains biens.
- Sélection bancaire renforcée pour les emprunteurs.
2026 ne ressemble plus à l’année de reprise espérée en début d’exercice. Entre hausse des taux, recul des ventes et ralentissement économique, les acheteurs devront préparer leur financement avec davantage d’anticipation.