Passoires thermiques : le gouvernement veut finalement réautoriser les logements G

Par Cyril K. le 19 mai 2026 à 16:45

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Passoires thermiques : le gouvernement veut finalement réautoriser les logements G

C’est un virage que beaucoup de propriétaires n’attendaient plus. Face au risque de voir des centaines de milliers de logements disparaître du marché locatif, le gouvernement prépare un assouplissement majeur des règles visant les passoires thermiques classées F et G.

Pourquoi le gouvernement veut assouplir l’interdiction des passoires thermiques

700 000 logements menacés de sortie du marché locatif

Le scénario commençait à inquiéter sérieusement les professionnels de l’immobilier. Avec l’interdiction progressive des logements classés G puis F, une partie du parc locatif privé risquait tout simplement de disparaître.

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Selon les estimations évoquées par le gouvernement, près de 700 000 logements pourraient être concernés d’ici 2028. Dans certaines villes déjà sous tension, retirer autant de biens du marché aurait aggravé la pénurie.

Le recul du parc locatif inquiète déjà les professionnels

Les premiers effets sont déjà visibles. Foncia indiquait début 2026 une baisse de 7 % de son stock locatif. Résultat : moins d’offres, des loyers sous pression et des délais de location toujours plus courts.

Ce qui change tout ? Beaucoup de propriétaires n’ont ni le budget ni le temps pour lancer immédiatement une rénovation énergétique complète. Isolation, ventilation, chauffage… le chantier dépasse souvent les 10 000 euros.

  • DPE F et G logements les plus visés
  • Marché locatif offre déjà en baisse
  • Rénovation énergétique coûts parfois élevés
  • Zones tendues impact encore plus fort

Ce que prévoit le nouveau projet de loi pour les logements F et G

Quel justificatif fournir pour continuer à louer

Le principe envisagé est simple : un propriétaire pourrait continuer à louer un logement classé G à condition de prouver qu’une rénovation est engagée. Le ministère du Logement évoque la signature d’un contrat avec un artisan avant la mise en location.

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Le délai prévu serait de trois ans pour une maison individuelle et jusqu’à cinq ans en copropriété. À retenir : cette mesure concernerait d’abord les logements G, avant une possible extension aux biens F dès 2028.

Travaux obligatoires sous 3 à 5 ans

Le problème, c’est qu’un simple devis ne garantit pas réellement un meilleur DPE après travaux. Beaucoup de professionnels estiment qu’une étude énergétique complète reste indispensable pour éviter des rénovations inefficaces.

Certains bureaux d’étude proposent déjà des DPE projetés avec objectif de classe E ou D. En clair, l’idée serait de cibler uniquement les travaux réellement utiles pour sortir du statut de passoire thermique.

  • Contrat artisan justificatif principal envisagé
  • 3 à 5 ans pour réaliser les travaux
  • DPE projeté solution de plus en plus utilisée
  • Biens G premiers logements concernés

Une réforme jugée pragmatique… mais déjà critiquée

Les limites des rénovations pendant un bail

Sur le papier, le gouvernement estime que cette mesure pourrait accélérer les travaux pendant la location. Dans les faits, beaucoup de rénovations énergétiques lourdes restent compliquées avec un locataire sur place.

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Isolation intérieure, peinture, déplacement de radiateurs ou reprise électrique : ces chantiers génèrent rapidement poussière et nuisances. Résultat : la majorité des propriétaires préfèrent intervenir entre deux locations pour éviter des tensions.

Une mesure perçue comme injuste par certains propriétaires

Le débat reste très sensible. Certains bailleurs dénoncent des règles jugées brutales après avoir déjà réalisé des travaux coûteux sans anticiper l’impact du DPE actuel.

Mais d’autres propriétaires repoussent encore les rénovations malgré des logements énergivores. C’est précisément ce que le gouvernement tente d’éviter avec ce nouveau compromis entre maintien du parc locatif et amélioration énergétique.

Autrement dit, l’exécutif cherche surtout à éviter une crise locative majeure sans abandonner totalement les objectifs de rénovation.

SituationConséquence possible
Interdiction stricte maintenueForte baisse des logements à louer
Assouplissement avec travauxMaintien partiel du parc locatif
Travaux mal encadrésRisque d’abus ou de reports