Après plusieurs années de tensions, le marché immobilier français amorce un retour à l’équilibre. Hausse des transactions, prix plus stables, rôle clé du DPE : 2026 s’annonce plus lisible pour les acheteurs, mais reste contrastée selon les profils et les usages.
Le marché immobilier français retrouve une dynamique en 2025
Une hausse des transactions après plusieurs années de ralentissement
Après une période marquée par l’incertitude économique et la hausse rapide des taux, le marché immobilier français a montré des signes clairs de reprise en 2025. Le volume de ventes repart à la hausse, avec près de 945 000 transactions réalisées sur l’année, soit un net rebond par rapport à 2024.
Cette dynamique s’explique par plusieurs facteurs combinés. Le retour progressif de conditions de crédit plus accessibles, une épargne toujours solide chez les ménages et un besoin résidentiel redevenu prioritaire ont contribué à fluidifier les projets d’achat.
Les acquéreurs se montrent toutefois plus rationnels. Les délais de réflexion s’allongent et la négociation redevient une pratique courante, notamment sur les biens mal positionnés ou énergivores.
Des disparités régionales mais un rebond généralisé
La reprise ne s’exprime pas de manière uniforme sur le territoire. Certaines régions, comme les Hauts-de-France, la Nouvelle-Aquitaine ou l’Île-de-France, affichent un regain d’activité plus marqué et tirent le marché vers le haut.
À l’inverse, des zones moins tendues restent plus prudentes, avec des volumes encore contenus. Néanmoins, la tendance globale reste positive et traduit un marché plus sain, recentré sur l’usage et moins sur la spéculation.
Cette évolution marque un tournant important, annonçant une phase de stabilisation durable plutôt qu’un nouveau cycle de surchauffe.
Prix immobiliers et DPE un nouveau critère décisif
Évolution des prix des maisons et appartements
En 2025, les prix immobiliers ont poursuivi une progression modérée, traduisant un marché plus équilibré. Le prix moyen national atteint environ 2 510 € par m² pour les maisons et 4 192 € par m² pour les appartements, avec une hausse contenue autour de 1,4 %.
Cette évolution confirme la fin des augmentations brutales observées les années précédentes. Les acheteurs arbitrent davantage entre localisation, surface et qualité du bien, ce qui limite les emballements sur les prix, même dans les zones attractives.
Les délais de vente se stabilisent également, autour de 100 jours en moyenne, signe d’un marché plus fluide mais toujours sélectif.
Impact du DPE sur la valeur et les délais de vente
La performance énergétique s’impose désormais comme un facteur central dans les décisions d’achat. Les logements bien classés bénéficient d’une valorisation significative, avec des plus-values pouvant dépasser +30 % par rapport aux biens équivalents moins performants.
À l’inverse, les logements classés F ou G subissent des décotes importantes et se vendent plus lentement. Les contraintes réglementaires et les coûts de rénovation énergétique freinent une partie des acquéreurs.
Le DPE devient ainsi un levier de négociation majeur et redéfinit la hiérarchie des biens sur le marché immobilier français.
Quelles perspectives pour le marché immobilier en 2026
Conditions de crédit et contexte économique
Les perspectives pour 2026 s’inscrivent dans la continuité de la reprise observée en 2025. Une inflation mieux maîtrisée et des taux d’intérêt plus stables offrent un cadre plus lisible aux ménages souhaitant concrétiser un projet immobilier.
Les banques restent attentives aux profils emprunteurs, mais les conditions de financement demeurent globalement accessibles. Cette stabilité renforce la confiance et favorise des décisions d’achat plus sereines, en particulier pour les résidences principales.
Le marché évolue désormais dans un environnement plus rationnel, moins sensible aux effets d’aubaine et davantage ancré dans les besoins réels des ménages.
Pourquoi l’investissement locatif reste en difficulté
Malgré cette amélioration globale, l’investissement locatif continue de perdre du terrain. La baisse de la rentabilité, combinée au durcissement des règles liées au DPE, décourage de nombreux investisseurs.
Le retrait progressif des bailleurs privés, la chute de la production de logements neufs et l’alourdissement des contraintes réglementaires réduisent l’offre locative disponible.
En l’absence de mesures publiques incitatives, le secteur locatif pourrait rester sous tension durablement, contrastant avec un marché de l’accession à la propriété désormais plus stable.