Budget 2027 : les héritiers d'un logement paieront-ils plus de droits de succession ?
« À force de changer le DPE, on perd l’objectif » : cette tribune interpelle sur l’avenir du logement
Le DPE change encore, mais le vrai problème est ailleurs : à force de modifier les règles, l’État fragilise la confiance des ménages et des professionnels. Derrière le passage du coefficient électrique de 1,9 à 1,7, c’est toute la stratégie de rénovation énergétique qui est remise en question.

Sommaire
Le DPE change encore : pourquoi cette nouvelle réforme fait débat
Un coefficient électrique encore modifié
Le gouvernement prévoit d’abaisser le coefficient de conversion de l’électricité de 1,9 à 1,7. Sur le papier, ce réglage technique peut améliorer le classement énergétique de nombreux logements chauffés à l’électricité.
Mais ce qui change tout ? Cette nouvelle correction arrive peu après une précédente réforme. Pour les professionnels, le DPE devient un outil mouvant, difficile à intégrer dans des décisions immobilières prises sur plusieurs années.
Une instabilité dénoncée par les professionnels
Les règles de MaPrimeRénov’, des CEE et du DPE évoluent régulièrement. Coût de cette instabilité : propriétaires, copropriétés et entreprises peinent à anticiper leurs travaux, leurs budgets et leurs investissements.
La critique est directe : l’instabilité réglementaire ralentirait désormais la rénovation davantage qu’elle ne l’accélère. Comment engager plusieurs dizaines de milliers d’euros si les critères peuvent changer avant le début du chantier ?
Les conséquences pour les propriétaires, les copropriétés et les entreprises
Des projets ralentis par les changements de règles
Une copropriété prépare souvent ses travaux sur cinq à dix ans. Une banque finance sur vingt ans. Face à ces horizons longs, des règles révisées tous les quelques mois rendent chaque décision plus risquée.
Pour aller plus loin : Budget 2027 : l'Anah perd 200 millions d'euros, votre dossier MaPrimeRénov' est-il menacé ?
Pour aller plus loin, notre dossier : DPE.
Les ménages hésitent, les syndics repoussent les votes et les entreprises limitent leurs recrutements. Le manque de visibilité finit alors par bloquer des rénovations pourtant urgentes.
Pourquoi la confiance s’érode
Une pompe à chaleur, une nouvelle prime ou un coefficient ajusté ne suffisent pas à transformer durablement un logement. Pour l’auteur de la tribune, la rénovation doit d’abord réduire les besoins énergétiques et améliorer le confort réel.
À force de présenter chaque réforme comme décisive, l’État use sa crédibilité. La confiance des propriétaires ne reviendra qu’avec des règles simples, cohérentes et maintenues dans le temps.
Un appel à une stratégie durable plutôt qu’à de nouvelles réformes
La proposition d’un nouveau Grenelle de l’Environnement
Face aux ajustements successifs, certains professionnels réclament un nouveau Grenelle de l’Environnement. L’objectif serait de réunir l’État, les scientifiques, les collectivités, les entreprises et les représentants des ménages.
Cette concertation ne servirait pas à ajouter une réforme. Elle devrait fixer un cap commun sur quinze ans, capable de résister aux changements de gouvernement.
Ce qui pourrait réellement accélérer la rénovation énergétique
Une stratégie crédible doit mesurer la performance réelle des bâtiments, leur confort en été et leur impact sur les factures. L’électrification seule ne peut pas répondre à tous ces enjeux.
À retenir : les propriétaires ont surtout besoin de règles durables pour investir avec confiance. Sans stabilité, même les aides généreuses risquent de ne jamais déclencher les travaux attendus.












