Après la chute du Pinel, les investisseurs reviennent-ils vraiment dans le neuf ?

Par Baptiste B. le 12 mai 2026 à 19:45

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Après la chute du Pinel, les investisseurs reviennent-ils vraiment dans le neuf ?

Le marché du neuf ne repart pas franchement. Pas encore. Mais un détail change l’ambiance : les investisseurs particuliers, presque disparus en 2025, recommencent à réserver des logements. Un frémissement modeste, porté par le dispositif Jeanbrun, que les promoteurs observent de très près.

Immobilier neuf : pourquoi les investisseurs reviennent timidement

Des réservations en hausse, mais pas partout

Après une année 2025 franchement rude, les promoteurs voient revenir une clientèle qu’ils avaient presque perdue : les investisseurs particuliers. Chez Altarea, les ventes à cette cible bondissent de 54 % sur un an, avec 270 réservations au premier trimestre.

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Le signal est encourageant, mais il faut rester lucide. Tous acquéreurs confondus, le marché avance encore en ordre dispersé : +14 % pour Altarea, +1,9 % pour Kaufman & Broad, tandis que Nexity recule de 7 % sur les réservations globales.

Altarea, Kaufman & Broad, Nexity : trois signaux à surveiller

Kaufman & Broad confirme aussi le mouvement. Les investisseurs particuliers représentent désormais 14 % des réservations, contre 10 % un an plus tôt. Ce n’est pas un raz-de-marée, mais c’est assez net pour attirer l’attention.

Chez Nexity, le discours est plus nuancé. Le groupe évoque une hausse des acquisitions par investisseurs privés, portée notamment par le nouveau cadre fiscal. En clair, le marché respire un peu. Mais il reste loin d’un vrai redémarrage.

Le dispositif Jeanbrun peut-il vraiment remplacer le Pinel ?

Un nouveau levier fiscal attendu par les promoteurs

Depuis la fin du Pinel, début 2025, l’investissement locatif neuf cherchait son nouveau moteur. Le dispositif Jeanbrun arrive donc au bon moment, avec une promesse simple : redonner un intérêt fiscal aux particuliers qui achètent pour louer.

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Le secteur en avait besoin. Selon la Fédération des promoteurs immobiliers, les ventes aux investisseurs particuliers ont été divisées par deux en 2025, et même par sept en quelques années. Difficile de parler d’accident passager.

Une reprise encore suspendue à la confiance des ménages

Ce qui change tout ? Les promoteurs disposent enfin d’un argument concret pour relancer les dossiers. Mais un avantage fiscal ne suffit pas à déclencher une décision d’achat à 200 000 ou 300 000 euros.

Les ménages regardent encore les taux, les loyers plafonnés, la rentabilité nette et la fiscalité réelle. Autrement dit, le dispositif Jeanbrun peut rallumer l’intérêt. Il ne remplacera pas, à lui seul, la confiance perdue.

Marché du neuf : reprise ou simple respiration ?

Les primo-accédants restent fragiles

Le retour des investisseurs ne règle pas tout. Chez Nexity, les réservations des primo-accédants reculent légèrement, même si le groupe l’explique par un calendrier de lancements plus favorable à partir du deuxième trimestre.

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Les taux de crédit ont peu bougé, et le prêt à taux zéro joue encore son rôle d’amortisseur. Mais sur le terrain, l’achat neuf reste cher, sélectif, parfois intimidant. Beaucoup d’acheteurs attendent encore un vrai signal.

Icade illustre encore la crise du secteur

Le cas Icade rappelle que la crise immobilière n’est pas derrière nous. Le groupe a validé une rupture conventionnelle collective pouvant concerner jusqu’à 93 collaborateurs, dans un marché toujours sous pression.

À retenir : le neuf frémit, oui. Mais il ne redémarre pas encore. Pour les promoteurs, le retour des investisseurs ressemble davantage à une respiration qu’à une reprise solide. Et vous, miseriez-vous aujourd’hui sur un logement neuf à louer ?