Logement : fiscalité, passoires thermiques, travaux… les mesures qui arrivent

Par Micheal M. le 11 mai 2026 à 11:45

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Logement : fiscalité, passoires thermiques, travaux… les mesures qui arrivent

Le locatif privé tient encore debout, mais de travers. Avec son plan logement, le gouvernement tente de rallumer l’envie d’investir, entre carotte fiscale, travaux allégés et sursis pour les passoires thermiques. Reste une vraie question : est-ce assez pour convaincre des bailleurs déjà refroidis ?

Le plan logement veut réveiller un marché locatif à bout de souffle

Le constat est brutal : le moteur locatif s’est grippé. Dans les grandes métropoles, trouver un logement relève parfois du parcours d’obstacles, pendant que de nombreux investisseurs particuliers ont tout simplement quitté le terrain.

Pourquoi l’investissement locatif s’est effondré

Le signal le plus parlant vient du neuf. Les ventes aux particuliers investisseurs sont passées sous les 10 000 logements l’an dernier, contre plus de 61 000 en 2019. Ce n’est pas un ralentissement. C’est une chute verticale.

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En clair, la fin du Pinel a laissé un vide. Ajoutez des taux de crédit plus chers, des travaux énergétiques coûteux, une fiscalité jugée lourde et des loyers parfois encadrés : beaucoup de bailleurs ont fait leurs comptes. Et ils ont reculé.

  • Crédit plus cher, rendement plus fragile
  • Fiscalité souvent perçue comme punitive
  • Travaux énergétiques difficiles à absorber
  • Règles locatives devenues moins lisibles

Le nouveau statut du bailleur privé change-t-il vraiment la donne

Le dispositif fiscal « Jeanbrun » veut corriger ce décrochage. Son principe : redonner un avantage aux particuliers qui achètent pour louer, avec un amortissement fiscal censé améliorer la rentabilité nette.

Résultat : certains promoteurs observent déjà un frémissement dans les réservations. Mais le marché part de très bas. Et un avantage fiscal, même bienvenu, ne suffit pas toujours à effacer des années de défiance.

La vraie question est simple : l’investisseur y gagne-t-il assez pour reprendre le risque ? Pour l’instant, le plan envoie un signal. Pas encore une garantie.

Passoires thermiques, travaux, fiscalité ce que le texte pourrait changer

Le point sensible, c’est l’ancien. Beaucoup de logements existent déjà, parfois bien placés, mais bloqués par leur mauvais DPE ou par des travaux trop lourds à financer. Le gouvernement tente donc d’assouplir sans tout abandonner.

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Des critères assouplis pour rénover dans l’ancien

Jusqu’ici, le volet ancien du dispositif Jeanbrun paraissait presque décourageant. Pour profiter de l’amortissement, il fallait engager des travaux représentant au moins 30 % du prix d’achat et viser un DPE A ou B.

Avec le projet de loi, la marche baisse : les travaux passeraient à 20 % du prix d’acquisition, avec un gain exigé de deux lettres au DPE. Ce qui change tout ? L’objectif devient plus réaliste pour des biens classés E, F ou G.

Autrement dit, l’État ne demande plus forcément une rénovation parfaite. Il pousse plutôt à une amélioration mesurable. C’est moins spectaculaire, mais probablement plus efficace sur le terrain.

Un sursis encadré pour remettre certains logements en location

Autre virage attendu : les passoires thermiques pourraient obtenir un délai sous conditions. Depuis 2025, les logements classés G sont interdits à la relocation. Les F suivront en 2028, puis les E en 2034.

Le texte prévoit une porte de sortie : remettre le bien en location si un contrat de maîtrise d’œuvre est signé pour lancer les travaux. Le délai serait de 5 ans en copropriété et de 3 ans pour une maison.

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À retenir : ce n’est pas un blanc-seing. C’est un sas. Le propriétaire devra prouver qu’il engage réellement la rénovation, sinon le dispositif perdrait toute crédibilité.

Un pari politique risqué avant 2027

Sur le papier, le plan logement coche plusieurs cases : relance du locatif, rénovation énergétique, permis de construire simplifiés, quartiers à rénover. C’est large. Peut-être trop large pour passer intact au Parlement.

Des mesures saluées mais encore fragiles

Les professionnels saluent enfin un geste. Après des années de blocage, voir le gouvernement parler rendement, DPE et bailleurs privés ressemble déjà à un changement de ton.

Mais rien n’est verrouillé. Le texte doit encore être débattu, amendé, contesté. Sans majorité absolue, chaque mesure peut devenir un terrain de bataille, surtout sur les passoires thermiques.

Pourquoi les investisseurs attendent plus qu’un signal fiscal

Le vrai sujet, au fond, n’est pas seulement fiscal. Un bailleur regarde le rendement, bien sûr, mais aussi la stabilité des règles, le risque d’impayés, le coût des travaux et la revente possible.

Et là, la confiance ne se décrète pas. Elle se reconstruit. Si le plan reste lisible, applicable et suffisamment incitatif, il peut ramener une partie des investisseurs. Sinon, il restera un signal politique de plus.

La question n’est donc pas seulement : “faut-il investir ?” Mais plutôt : “le cadre devient-il enfin assez stable pour le faire sans serrer les dents ?”