+17,6 % en un an. Oui, vous avez bien lu. Au Portugal, l’immobilier ne ralentit pas — il accélère, et ce sont désormais les jeunes qui appuient sur l’accélérateur. Résultat : un marché sous tension, entre opportunités inédites et risque de surchauffe.
Un marché immobilier portugais en surchauffe
Des prix qui explosent depuis dix ans
Le chiffre donne le vertige : le prix moyen dépasse désormais 240 000 euros. En dix ans, il a tout simplement doublé. Et la tendance ne faiblit pas.
En 2025, les prix ont encore grimpé de 17,6 %, plaçant le Portugal parmi les marchés les plus dynamiques d’Europe. Lisbonne et Porto tirent la hausse, mais les villes secondaires suivent aussi.
Un volume de transactions historique
Autre signal fort : le nombre de ventes. Avec près de 170 000 transactions en 2025, le pays retrouve un niveau inédit depuis 2010. Le volume global dépasse même 41 milliards d’euros.
En clair, le marché n’est pas seulement plus cher. Il reste très actif, ce qui entretient mécaniquement la pression sur les prix.
Les jeunes Portugais, nouveaux moteurs du marché
La garantie publique qui change la donne
Ce qui change tout ? Le retour massif des moins de 35 ans. Le gouvernement de Luis Montenegro a lancé en 2025 une garantie publique destinée au premier achat, avec un objectif simple : acheter sans apport initial.
Le succès est immédiat. Plus de 25 000 crédits ont déjà été accordés, et près de 60 % des fonds prévus ont été consommés. Pour beaucoup de jeunes ménages, c’est la première vraie porte d’entrée vers la propriété.
Un accès au crédit facilité mais risqué
Les banques ont accompagné ce mouvement. En 2025, près des deux tiers des prêts accordés par le système financier portugais concernaient le logement. La bataille commerciale entre établissements a clairement joué en faveur des emprunteurs.
Mais il y a un revers. Acheter sans apport dans un marché déjà tendu augmente l’exposition en cas de correction. Autrement dit, l’accès devient plus simple, pas forcément plus prudent.
Moins d’étrangers mais toujours des acheteurs puissants
Une baisse relative des investisseurs internationaux
Le poids des acheteurs étrangers diminue légèrement. Leur part passe d’environ un tiers des achats à un quart, notamment après la fin de certains avantages fiscaux qui avaient dopé l’attractivité du pays.
Ce reflux reste relatif. Les Portugais achètent davantage, mais les investisseurs internationaux continuent de peser sur les zones les plus recherchées.
Qui achète vraiment au Portugal aujourd’hui
Les Brésiliens restent les étrangers les plus nombreux, devant les Angolais et les Français. En revanche, les plus gros budgets viennent d’ailleurs : les Britanniques dépensent en moyenne 512 000 euros, les Américains 479 000 euros et les Allemands 376 000 euros.
- Jeunes Portugais soutenus par l’État
- Banques très offensives sur le crédit
- Étrangers aisés toujours actifs sur le premium
À retenir : le marché portugais change de visage, mais pas de rythme. Les locaux reviennent, les étrangers restent influents, et les prix continuent de grimper.