Le Vietnam attire des millions de touristes, mais ces investissements immobiliers ne décollent pas

Par Baptiste B. le 08 septembre 2026 à 06:45

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Le Vietnam attire des millions de touristes, mais ces investissements immobiliers ne décollent pas

Le tourisme vietnamien repart fort. L’immobilier touristique, lui, reste figé. Derrière les plages de carte postale, des milliers de logements peinent à trouver preneur, des projets géants restent à l’arrêt et les investisseurs, échaudés par des promesses de rendement déçues, ne reviennent toujours pas.

Le tourisme explose, mais l’immobilier touristique reste bloqué

Seulement 2 % des appartements-hôtels trouvent preneur

Le contraste est brutal. En juillet 2026, le Vietnam a accueilli près de 1,67 million de visiteurs internationaux, tandis que les ventes d’appartements-hôtels sont restées presque anecdotiques. Sur 5 051 unités proposées, seules 105 ont trouvé preneur, soit à peine 2 % du stock commercialisé.

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Autrement dit, la reprise touristique ne se transforme pas automatiquement en reprise immobilière. Les acheteurs restent prudents, surtout face à des taux élevés et à une rentabilité jugée trop incertaine.

Des milliers de logements restent issus d’anciens programmes

Le même blocage touche les maisons de ville et shophouses de villégiature. En juillet, 32 projets totalisaient 3 526 unités disponibles, mais aucune nouvelle offre réelle n’est venue relancer le marché : l’essentiel correspond à des stocks de programmes déjà lancés auparavant.

Ce qui change tout ? Les promoteurs eux-mêmes temporisent. Tant que les ventes stagnent, ils préfèrent écouler l’existant plutôt que lancer de nouveaux projets.

Pourquoi les investisseurs ne reviennent toujours pas

Rentabilité décevante et promesses non tenues

Le problème ne vient pas seulement des taux. La confiance s’est érodée. Certains acheteurs, attirés par des promesses de rendement confortables, se retrouvent aujourd’hui avec des revenus locatifs très faibles.

Un propriétaire cité dans l’étude perçoit seulement 10 millions de VND par mois pour une villa achetée 12 milliards de VND. Placée en banque à 8–8,5 % par an, cette somme aurait rapporté plus de sept fois davantage.

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Des projets géants restent interrompus depuis plusieurs années

À Ho Tram ou Phan Thiet, plusieurs programmes lancés avant 2020 restent partiellement à l’arrêt. NovaWorld Ho Tram, NovaWorld Phan Thiet ou encore Thanh Long Bay illustrent cette paralysie.

Résultat : entre chantiers suspendus, livraisons retardées et engagements financiers contestés, la méfiance domine. Pour beaucoup d’investisseurs, le rendement théorique ne suffit plus : ils veulent désormais du concret.

Ce qui pourrait enfin réveiller le marché vietnamien

Des projets mieux situés et réellement attractifs

Une belle plage ne suffit plus. De nombreux complexes restent éloignés des centres urbains et manquent de restaurants, loisirs nocturnes ou activités familiales. Résultat : les touristes privilégient encore Nha Trang, Da Nang, Mui Ne ou Vung Tau.

Pour convaincre voyageurs et investisseurs, les futurs projets devront donc miser sur l’usage réel, pas seulement sur la promesse d’un bien face à la mer.

Juridique, infrastructures et rendement deviennent décisifs

Les acheteurs veulent désormais des garanties simples : propriété sécurisée, chantier livré, exploitation crédible et rendement chiffré. Les promesses commerciales des années 2015-2020 ne passent plus.

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À retenir : la reprise dépendra autant des infrastructures touristiques que de la transparence financière. Sans revenus locatifs crédibles et cadre juridique solide, même un tourisme en forte croissance ne suffira pas à réveiller le marché.