L’Espagne attire toujours des milliards d’euros d’investissements, mais un indicateur beaucoup plus révélateur passe au rouge. Derrière les annonces de hausse des capitaux entrants, les retraits d’investisseurs étrangers explosent, notamment du côté des États-Unis, ce qui soulève des interrogations sur l’attractivité du pays en 2026.
L’investissement étranger en Espagne recule malgré une hausse des annonces
Investissements bruts en hausse, investissements nets en baisse
À première vue, les chiffres publiés par le gouvernement espagnol semblent rassurants. Les investissements étrangers bruts ont progressé de 22,6 % au premier trimestre 2026 pour atteindre 6,66 milliards d’euros.
Mais cette lecture masque une réalité bien différente. En parallèle, les désinvestissements ont bondi de 85 %, ce qui fait chuter l’investissement étranger net de près de 17 % sur un an. Autrement dit, davantage d’entreprises retirent leurs capitaux qu’auparavant.
Pourquoi les désinvestissements explosent en 2026
L’investissement net reste l’indicateur le plus pertinent pour mesurer l’attractivité durable d’un pays. Il prend en compte les nouveaux capitaux, mais aussi ceux qui repartent vers d’autres marchés.
- Investissement brut : nouveaux capitaux entrants.
- Désinvestissement : retraits ou ventes d’actifs.
- Investissement net : différence entre les deux.
Résultat : malgré des annonces positives, les flux réels montrent un ralentissement de l’attractivité économique espagnole, dans un contexte où la concurrence internationale pour attirer les capitaux reste particulièrement forte.
Les États-Unis retirent massivement leurs capitaux d’Espagne
Une chute historique des investissements américains
Le signal le plus spectaculaire vient des États-Unis. Les entreprises américaines ont bien investi 1,36 milliard d’euros en Espagne au premier trimestre, mais elles ont surtout retiré 3,34 milliards d’euros sur la même période.
En clair, le solde devient négatif : près de 2 milliards d’euros de capitaux américains ont quitté le pays. Pour une économie habituée à voir les États-Unis figurer parmi ses premiers investisseurs, le décrochage est brutal.
Royaume-Uni et Corée du Sud prennent le relais
Ce recul change aussi la hiérarchie. Le Royaume-Uni devient le premier investisseur net en Espagne, avec 1,24 milliard d’euros. La Corée du Sud progresse également, portée par plusieurs projets industriels et technologiques.
Mais ces relais restent encore modestes face au poids historique des capitaux américains. Ce qui change tout ? L’Espagne doit désormais convaincre dans un climat plus tendu, alors que les fonds européens entrent dans leur dernière ligne droite.
Quels risques pour l’économie et le marché immobilier espagnol ?
La fin progressive des fonds européens inquiète
Depuis 2021, l’Espagne profite largement des fonds européens du plan de relance. Mais cet effet d’aspiration ne durera pas éternellement. À partir de 2027, le pays devra davantage compter sur les capitaux privés.
C’est là que le recul de l’investissement étranger en Espagne devient sensible. Moins de capitaux nets, c’est moins de projets industriels, moins d’emplois qualifiés et moins de marge pour financer la croissance.
L’attractivité de l’Espagne remise en question
Pour le marché immobilier, le sujet n’est pas théorique. Bureaux, centres de données, logements haut de gamme : ces segments dépendent fortement de la confiance des investisseurs internationaux.
L’Espagne n’est pas en crise d’attractivité, mais le signal mérite d’être pris au sérieux. Quand les capitaux américains reculent aussi vite, le message envoyé au marché est clair : la stabilité politique et économique redevient un critère décisif.