Un logement classé G ne sera peut-être plus synonyme d’impasse locative dès 2027. Le projet de réforme prévoit jusqu’à 5 ans de sursis pour certains propriétaires engagés dans des travaux, tout en assouplissant plusieurs règles du DPE et de l’investissement locatif.
DPE 2027 : les passoires thermiques pourraient obtenir un nouveau sursis
Jusqu’à 5 ans pour rénover certains logements
Le calendrier actuel ne laisse guère de marge : les logements classés G sont interdits à la location depuis 2025, avant les F en 2028. La réforme veut éviter que des centaines de milliers de biens disparaissent du marché.
Ce qui change tout ? Un propriétaire réellement engagé dans une rénovation pourrait bénéficier d’un sursis. Il atteindrait 5 ans en copropriété et 3 ans pour une monopropriété ou une maison individuelle.
Pas question toutefois de simplement promettre des travaux. Le propriétaire devrait avoir signé un contrat permettant au logement d’atteindre la performance énergétique exigée.
Des sanctions financières également revues
Autre évolution sensible : la baisse de loyer prononcée contre un bailleur pourrait être plafonnée. Elle correspondrait au maximum au surcoût énergétique supporté par le locataire.
En clair, le DPE resterait contraignant, mais la logique changerait : un bailleur qui agit pour rénover son logement serait davantage protégé qu’un propriétaire qui ne fait rien.
Dispositif Jeanbrun : l’investissement locatif deviendrait plus accessible
Maisons anciennes et seuil de travaux à 20 %
Le dispositif Jeanbrun pourrait gagner sérieusement en intérêt dès 2027. Aujourd’hui réservé notamment aux appartements anciens réhabilités, il s’ouvrirait aux maisons individuelles anciennes faisant l’objet de travaux.
Le ticket d’entrée baisserait aussi. Les travaux devraient représenter 20 % du prix du bien, contre 30 % actuellement. Sur un achat à 300 000 €, cela ramènerait le minimum de 90 000 à 60 000 €.
Un DPE D suffirait après rénovation
C’est probablement l’assouplissement le plus concret. Dans l’ancien, atteindre une classe A ou B après rénovation peut transformer certains projets en gouffres financiers.
La réforme prévoit de ramener cet objectif à un DPE D. Résultat : davantage de logements anciens pourraient devenir compatibles avec le dispositif, avec à la clé l’amortissement du bien et une réduction potentielle de l’impôt sur le revenu.
Propriétaires bailleurs : 2027 pourrait changer les règles du jeu
Encadrement des loyers et rapports locatifs en débat
L’encadrement des loyers arrive lui aussi à un tournant. L’expérimentation doit prendre fin le 24 novembre 2026, mais sa pérennisation reste débattue entre parlementaires, élus locaux et Gouvernement.
En parallèle, une mission travaille sur les rapports entre propriétaires et locataires : impayés, conditions d’entrée et de sortie, occupation illégale. L’objectif affiché est clair : rétablir davantage de confiance dans le parc locatif privé.
Ce qui reste encore à confirmer
Ces évolutions ne sont pas toutes définitivement adoptées. Le calendrier parlementaire de 2026 et les échéances politiques de 2027 peuvent encore modifier le texte.
À retenir : entre DPE assoupli, Jeanbrun élargi et règles locatives repensées, 2027 pourrait devenir une année charnière pour les bailleurs. Reste désormais à voir quelles mesures survivront aux débats.
Vous êtes propriétaire d’un logement classé F ou G ? La vraie question devient simple : attendre les nouvelles règles ou commencer les travaux dès maintenant ?