Passoires thermiques : le gouvernement assouplit les règles de location

Par Cyril K. le 08 mai 2026 à 11:45

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Passoires thermiques : le gouvernement assouplit les règles de location

Vous pensiez les passoires thermiques définitivement hors jeu ? Raté. Le gouvernement envisage déjà un virage inattendu : autoriser à nouveau la location des logements classés G… à une condition près. Derrière ce revirement, une tension réelle sur le marché locatif qui commence à inquiéter sérieusement.

Pourquoi le gouvernement recule sur l’interdiction des passoires thermiques

Un parc locatif sous tension

Le signal est clair. Moins de biens disponibles, plus de candidats à la location. En 2025, certains grands réseaux observent déjà une baisse du stock locatif autour de 7 %. Sur le terrain, ça se traduit par des visites saturées et des délais qui explosent.

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En clair, retirer massivement les logements F et G du marché revient à assécher encore plus l’offre. Et dans certaines villes, la situation frôle déjà le blocage.

Les chiffres qui inquiètent le marché

Aujourd’hui, près de 9 % du parc locatif privé est classé F ou G. Ce n’est pas marginal. Dans certaines zones tendues, ces biens représentent une part essentielle de l’offre accessible.

Résultat : si rien ne change, près de 700 000 logements pourraient être interdits à la location d’ici 2028. Une projection qui fait réagir, jusque dans les cabinets ministériels.

Ce que change concrètement le projet de loi pour les propriétaires

Les conditions pour continuer à louer un bien G

Le principe est simple sur le papier. Vous pourrez continuer à louer un logement classé G, à condition de vous engager à le rénover. Cet engagement devra être formalisé dès la signature du bail.

Concrètement, il faudra prouver la signature d’un contrat avec un artisan, avec un délai de 3 ans pour une maison individuelle et 5 ans en copropriété. Une manière d’éviter le retrait brutal de milliers de biens du marché.

  • Contrat travaux signé engagement formel avec un professionnel
  • Délai encadré 3 à 5 ans selon le type de bien
  • Contrôle attendu vérification possible en cours de bail
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Mais sur le terrain, ça se complique. Un simple devis ne garantit pas le futur DPE. Et sans étude thermique sérieuse, difficile d’anticiper le résultat après travaux.

Le calendrier jusqu’à 2028 pour les logements F

Les logements classés F ne sont pas concernés immédiatement. Mais l’échéance reste fixée à 2028, avec un scénario similaire en préparation. Autrement dit, ce qui s’applique aujourd’hui aux G pourrait devenir la norme pour les F demain.

Ce qui change tout ? Le message envoyé aux bailleurs. Vous gagnez du temps, mais pas une exemption. La pression réglementaire reste bien en place, simplement étalée.

Une mesure efficace ou un simple report du problème

Travaux pendant le bail une fausse bonne idée

Sur le papier, encourager les travaux en cours de location semble logique. Dans la réalité, c’est beaucoup plus compliqué. Une rénovation énergétique sérieuse implique souvent isolation, électricité, voire cuisine ou salle de bain.

Autrement dit, poussière, bruit, interventions lourdes. Peu de locataires acceptent ce type de chantier en vivant sur place. Résultat : dans la majorité des cas, les travaux restent plus simples à réaliser avant la mise en location.

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À retenir : une rénovation bien planifiée peut se boucler en une semaine, pour un budget moyen autour de 10 000 €. Un arbitrage souvent plus rentable qu’une vacance locative prolongée.

Les profils de bailleurs face à la réforme

Ce projet met en lumière une réalité du terrain. Tous les propriétaires ne sont pas logés à la même enseigne. Certains ont déjà investi sans anticiper les règles du DPE. Pour eux, la sanction paraissait brutale.

D’autres, en revanche, repoussent les travaux depuis des années. Et cette nouvelle flexibilité pourrait devenir un levier… ou une excuse supplémentaire.