Un simple changement de formule pourrait bientôt faire disparaître des centaines de milliers de passoires thermiques… sans le moindre chantier. Derrière cette réforme du DPE voulue par le gouvernement, certains propriétaires y voient un soulagement, tandis que d’autres dénoncent une amélioration purement administrative.
Le gouvernement veut revoir le calcul du DPE
Le diagnostic de performance énergétique pourrait connaître une nouvelle évolution en 2026. Après avoir déjà abaissé le coefficient de conversion de l’électricité de 2,58 à 1,9 en 2021, l’exécutif étudie désormais un nouvel ajustement qui favoriserait les logements chauffés à l’électricité.
Pourquoi le coefficient de l’électricité est au cœur du débat
Le DPE ne repose pas uniquement sur la consommation réelle d’un logement. Il intègre aussi des coefficients techniques destinés à convertir l’énergie consommée en énergie primaire. C’est précisément ce mécanisme qui est aujourd’hui contesté par une partie des professionnels du secteur.
Selon plusieurs experts, les petits logements électriques situés sous les toits ou en rez-de-chaussée sont particulièrement pénalisés par le mode de calcul actuel. Des biens affichant une consommation raisonnable peuvent ainsi se retrouver classés F ou G.
Ce qui pourrait changer pour les logements classés F et G
Plusieurs acteurs de l’immobilier anticipent un nouvel abaissement du coefficient vers 1,7. Une telle modification permettrait à de nombreux logements de gagner une ou plusieurs classes énergétiques sans réaliser de travaux.
Pour les propriétaires concernés par l’interdiction progressive de louer les passoires thermiques, l’enjeu est considérable. Une simple révision technique pourrait suffire à maintenir certains biens sur le marché locatif alors qu’ils étaient jusqu’ici menacés d’exclusion.
Jusqu’à 2,28 millions de logements potentiellement reclassés
Les conséquences de cette réforme pourraient être bien plus importantes qu’il n’y paraît. Selon une étude relayée par plusieurs acteurs du secteur, un nouvel ajustement du calcul pourrait permettre à près de 2,28 millions de logements de quitter les catégories F et G.
Les biens les plus concernés par la réforme
Les logements chauffés à l’électricité concentrent l’essentiel des effets attendus. Les studios, chambres de bonne et petits appartements des centres-villes figurent parmi les principaux bénéficiaires potentiels.
À Paris notamment, de nombreux logements anciens situés au dernier étage souffrent d’une mauvaise note énergétique liée aux déperditions thermiques sous toiture. Le nouveau calcul pourrait corriger une partie de cette pénalisation.
Une bouffée d’air pour les propriétaires bailleurs
Depuis l’interdiction progressive de location des logements les plus énergivores, de nombreux bailleurs hésitent entre réaliser des travaux coûteux ou vendre leur bien. Cette réforme pourrait leur offrir un répit.
- Location maintenue : moins de risques d’interdiction.
- Travaux reportés : davantage de visibilité réglementaire.
- Valeur préservée : meilleure attractivité à la revente.
- Marché locatif : offre potentiellement renforcée.
Pour les professionnels de l’immobilier, l’objectif est aussi d’éviter une nouvelle contraction du parc locatif dans les zones déjà confrontées à une forte pénurie de logements.
Une amélioration réelle ou un simple effet statistique
Si la réforme séduit de nombreux propriétaires, elle suscite aussi des critiques. Plusieurs spécialistes rappellent qu’un meilleur classement DPE ne signifie pas automatiquement une baisse des consommations ou des factures énergétiques.
Le débat entre experts et professionnels de l’immobilier
Pour les défenseurs de la réforme, le calcul actuel pénalise injustement certains logements électriques. Ils estiment qu’une correction permettrait de mieux refléter la réalité énergétique du parc immobilier français.
D’autres observateurs sont plus réservés. Selon eux, un logement peut sortir du statut de passoire thermique sans que son confort ou ses performances réelles évoluent. Le risque serait alors de réduire artificiellement le nombre de logements considérés comme énergivores.
Quel impact sur les prix et le marché locatif
Le DPE influence désormais directement les transactions immobilières. Entre une étiquette D et une étiquette F ou G, la négociation peut atteindre 15 % à 25 % selon les professionnels du secteur.
Cette future réforme pourrait donc modifier la valeur de milliers de biens, mais aussi rassurer des propriétaires qui avaient suspendu leurs projets de rénovation ou de vente dans l’attente d’une clarification réglementaire.
Derrière ce nouveau calcul du DPE, le gouvernement cherche autant à corriger certaines incohérences techniques qu’à limiter les effets de l’interdiction progressive des passoires thermiques sur un marché locatif déjà sous tension.