Sur le papier, rien ne change. Pourtant, des centaines de milliers de logements aujourd’hui considérés comme des passoires thermiques pourraient bientôt améliorer leur DPE sans le moindre chantier. Une évolution technique du mode de calcul est à l’étude et elle pourrait rebattre les cartes pour de nombreux propriétaires bailleurs.
Pourquoi le DPE pourrait encore changer en 2026
Un coefficient électrique dans le viseur du gouvernement
Le gouvernement étudie une nouvelle modification du calcul du diagnostic de performance énergétique. Au cœur du débat figure le coefficient de conversion de l’électricité en énergie primaire, un paramètre technique qui influence directement la note finale du DPE.
Déjà abaissé à plusieurs reprises ces dernières années, ce coefficient pourrait passer d’environ 1,9 à 1,7. Résultat : de nombreux logements chauffés à l’électricité verraient leur classement énergétique progresser sans que leurs caractéristiques réelles ne changent.
Pourquoi les logements chauffés à l’électricité sont concernés
Le système actuel est régulièrement critiqué par les professionnels du secteur. Certains estiment qu’il pénalise des logements dont les factures énergétiques restent pourtant modérées.
Les petites surfaces situées dans des immeubles anciens sont particulièrement touchées. Malgré une consommation parfois limitée, elles peuvent être classées F ou G en raison de critères techniques intégrés au calcul du DPE. Ce qui change tout ? La réforme envisagée chercherait justement à corriger cette situation.
Quels logements pourraient sortir des catégories F et G
Les petites surfaces particulièrement visées
Les studios et petits appartements chauffés à l’électricité sont souvent les premiers concernés. Dans les immeubles anciens, un logement au dernier étage ou au rez-de-chaussée peut être fortement pénalisé par les déperditions thermiques.
En clair, un bien peut se retrouver classé F ou G sans afficher une consommation délirante au quotidien. C’est précisément ce décalage que la réforme veut atténuer.
Plus de 2 millions de biens potentiellement impactés
Selon les estimations citées dans le secteur, une nouvelle baisse du coefficient pourrait influencer la note de 2,28 millions de logements en France. C’est énorme : cela représenterait environ la moitié des passoires thermiques du pays.
Pour les propriétaires bailleurs, l’enjeu est immédiat. Un logement qui sort des classes F ou G échappe, au moins temporairement, aux interdictions progressives de location prévues par la loi climat.
Ce que cette réforme changerait pour les propriétaires
Une meilleure note sans réaliser de travaux
Pour de nombreux bailleurs, cette évolution pourrait éviter des rénovations parfois difficiles à financer. Un simple ajustement du calcul permettrait à certains logements de gagner une ou plusieurs classes énergétiques.
Près de 850 000 logements auraient déjà bénéficié des précédentes modifications du coefficient électrique. Une nouvelle révision pourrait amplifier ce phénomène et redonner de la valeur à des biens aujourd’hui fragilisés sur le marché locatif.
Une mesure qui divise les professionnels
Cette perspective ne fait toutefois pas l’unanimité. Une partie des acteurs de l’immobilier salue une correction jugée plus équitable pour les logements chauffés à l’électricité.
D’autres considèrent au contraire qu’il s’agit d’un ajustement statistique qui réduit artificiellement le nombre de passoires thermiques sans améliorer le confort des occupants ni les performances réelles des bâtiments. Autrement dit, le débat oppose ceux qui défendent une meilleure cohérence du DPE à ceux qui réclament une rénovation énergétique effective du parc immobilier.