IFI : revenus, patrimoine, âge… le vrai profil des fortunes immobilières

Par Baptiste B. le 09 mai 2026 à 19:45

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IFI : revenus, patrimoine, âge… le vrai profil des fortunes immobilières

193 625 foyers français dépassent le seuil de l’IFI, mais leur profil ne ressemble pas toujours au cliché du rentier immobilier. Revenus financiers, résidence principale, patrimoine détenu via des sociétés : les chiffres de Bercy racontent une France fortunée plus nuancée qu’attendu.

IFI, le portrait très concret des fortunes immobilières françaises

Un patrimoine moyen à 2,55 millions d’euros

Le ticket d’entrée est connu : 1,3 million d’euros de patrimoine immobilier net taxable. Mais la moyenne, elle, grimpe beaucoup plus haut. Les foyers soumis à l’IFI déclarent un patrimoine net imposable moyen de 2,55 millions d’euros, une fois les dettes déduites et l’abattement de 30 % appliqué sur la résidence principale.

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En clair, on parle rarement d’un seul appartement familial transmis par hasard. Même dans la première tranche, celle qui concentre les trois quarts des redevables, le niveau de patrimoine reste très élevé. L’immobilier y est souvent à la fois un lieu de vie, un placement et une réserve de valeur.

Une minorité au-dessus de 10 millions d’euros

À l’autre bout du barème, le paysage change franchement. Seuls 2 300 foyers déclarent plus de 10 millions d’euros de patrimoine immobilier imposable. Peu nombreux, donc. Mais leur poids fiscal et patrimonial est considérable.

Ce qui frappe surtout, c’est leur moyenne : près de 20 millions d’euros de patrimoine imposable. Et c’est dans cette catégorie que la hausse est la plus nette entre 2024 et 2025, avec une progression annoncée de 16 %. Autrement dit, le haut du panier s’éloigne encore.

Ce que possèdent vraiment les foyers soumis à l’IFI

La résidence principale pèse surtout dans les premiers patrimoines

Dans la première tranche de l’IFI, la résidence principale reste centrale. Elle représente environ un tiers du patrimoine, avec une valeur moyenne proche de 800 000 euros avant abattement. C’est beaucoup. Mais ce n’est pas forcément le signe d’une fortune liquide.

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Ce détail change la lecture politique du sujet : une partie des foyers concernés possède surtout un bien très valorisé, parfois dans une grande ville. À Paris ou sur certains littoraux, la hausse des prix suffit à faire basculer un ménage dans l’IFI.

Les grandes fortunes passent davantage par les sociétés

Plus on monte dans le barème, plus le patrimoine devient structuré. Chez les foyers au-delà de 10 millions d’euros, les immeubles détenus via des titres ou parts de sociétés représentent près de 60 % du patrimoine immobilier.

Résultat : l’IFI ne mesure pas seulement des maisons ou des appartements détenus en direct. Il photographie aussi des stratégies patrimoniales plus sophistiquées, avec sociétés civiles, immeubles de rapport et portefeuilles immobiliers organisés. C’est là que l’écart avec les petits redevables devient vraiment visible.

Revenus, âge, impôts payés : le profil qui se dessine

Des revenus tirés d’abord des capitaux mobiliers

Le revenu moyen des foyers soumis à l’IFI atteint 322 100 euros en 2024. Ce qui change tout ? Leur première source de revenus ne vient pas de la pierre, mais des capitaux mobiliers : actions, dividendes, placements financiers.

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Ces revenus représentent environ 36 % de leurs ressources, devant les salaires et les pensions. Les revenus fonciers comptent aussi, bien sûr, mais ils ne dominent pas le tableau. L’image du propriétaire vivant uniquement de ses loyers est donc trop simple.

Des contribuables plus âgés, très concentrés en Île-de-France

Le profil est également très marqué géographiquement. Près de 23 % des foyers soumis à l’IFI vivent à Paris, et 43 % en Île-de-France. L’âge moyen du premier déclarant atteint 70 ans, contre 52,5 ans pour les autres foyers fiscaux.

À retenir : l’IFI touche surtout des patrimoines installés, souvent construits sur plusieurs décennies. Et malgré les débats, ces contribuables paient aussi en moyenne 60 200 euros d’impôt sur le revenu, en plus de leur IFI.

Question directe : l’IFI taxe-t-il vraiment les plus riches, ou surtout ceux dont le patrimoine est coincé dans l’immobilier ? Les chiffres montrent que la réponse dépend beaucoup de la tranche observée.