95 000 dossiers en six mois, puis à peine plus de 20 000 un an plus tard : MaPrimeRénov’ a brutalement décroché. En 2026, entre aides rabotées, conditions durcies et délais qui s’allongent, beaucoup de propriétaires préfèrent désormais repousser leurs travaux.
MaPrimeRénov’ 2026 : pourquoi les demandes se sont effondrées
De 95 000 à 20 000 dossiers en seulement un an
Le décrochage est spectaculaire. Au premier semestre 2025, près de 95 000 dossiers de rénovation d’ampleur avaient été déposés. Un an plus tard, le compteur dépasse à peine 20 000 demandes.
Hors copropriétés, le rythme est tombé sous les 2 500 dossiers mensuels, contre 7 500 à 10 000 auparavant. Autrement dit, ce n’est plus un simple ralentissement : le dispositif a changé d’échelle.
Budget réduit, guichet fermé et aides moins généreuses
Le début d’année a pesé lourd. Faute de budget voté, le guichet est resté fermé jusqu’à la mi-février, puis les demandes n’ont jamais retrouvé leur niveau précédent.
Les ménages ont aussi découvert des barèmes nettement moins favorables. Pour les plus modestes, le plafond maximal de subvention est notamment passé de 63 000 à 32 000 euros. Résultat : certains projets ne bouclent tout simplement plus leur financement.
Des aides désormais plus difficiles à obtenir
Le plafond maximal tombe de 63 000 à 32 000 euros
Le tour de vis ne passe pas inaperçu dans le budget des ménages. Pour les foyers très modestes, la subvention maximale pour une rénovation d’ampleur est passée de 63 000 à 32 000 euros.
Face à un reste à charge plus lourd, certains propriétaires temporisent. D’autres renoncent. Ce qui change tout ? Une rénovation énergétique ambitieuse peut rapidement représenter plusieurs dizaines de milliers d’euros.
Jusqu’à un an d’attente dans certains départements
Même avec un dossier recevable, patience obligatoire. Le délai moyen d’instruction atteint six mois au niveau national et dépasse un an dans plusieurs départements, notamment en Seine-Saint-Denis, Gironde ou Saône-et-Loire.
Les contrôles antifraude expliquent en partie ces délais. Pour un ménage qui attend avant de signer ses travaux, cette incertitude peut suffire à mettre tout le chantier en pause.
MaPrimeRénov’ peut-elle repartir après ce coup d’arrêt ?
27 000 dossiers restent encore en attente
L’administration traîne encore un lourd héritage. Fin 2025, 45 000 dossiers n’avaient pas pu être financés ; après traitement d’une partie du stock, 27 000 demandes restent en attente.
En clair, MaPrimeRénov’ doit encore absorber le passé avant de retrouver un rythme normal. Pour les nouveaux candidats, cela entretient forcément une forme d’attentisme.
Les bénéficiaires restent pourtant largement satisfaits
Le paradoxe est là : ceux qui obtiennent l’aide en sont très satisfaits. Selon l’enquête citée par l’Anah, 91 % des bénéficiaires se déclarent satisfaits, dont 53 % très satisfaits.
Alors, le problème vient-il vraiment du principe de l’aide ? Pas forcément. Les chiffres racontent plutôt un dispositif apprécié, mais devenu plus complexe, plus lent et moins généreux.